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Colloque
De Ben Barek à Chamakh: l'odyssée des sportifs marocains du monde

Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) a organisé, ce week-end à Casablanca, un colloque international sous le thème: "Sportifs marocains du monde, histoire et enjeux actuels", avec la participation des historiens du sport, nationaux et étrangers, des sportifs à la retraite ou en activité, des journalistes spécialisés et des représentants des différentes fédérations nationales.

Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) a organisé un colloque international sous le thème: "Sportifs marocains du monde, histoire et enjeux actuels". /caricature SC-aufait
Le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME) a organisé un colloque international sous le thème: "Sportifs marocains du monde, histoire et enjeux actuels". /caricature SC-aufait
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Retracer les trajectoires des sportifs marocains de haut niveau issus de l'immigration qui ont marqué leur époque de leurs performances et de leur personnalité, depuis les années 1930 jusqu'à nos jours, a fait l'objet, les 24 et 25 juillet courant à Casablanca, d'un colloque international organisé à l'initiative du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME).

Comme l'indique l'intitulé du thème de ce colloque “Sportifs marocains du monde, histoire et enjeux actuels”, il ne s'agissait pas uniquement de faire des rappels historiques de la carrière de ces sportifs, mais aussi de réfléchir sur leurs itinéraires identitaires. Car, comme l'ont fait remarquer les responsables du CCME, on ne peut omettre la question de l’“identité sportive” ou de la “nationalité sportive” de ces sportifs marocains ou d’origine marocaine lorsqu'on s'intéresse à leurs trajectoires.

De la question identitaire...

L’objectif de ce colloque est donc, aussi, de “soulever la question de l’identité sportive et les modalités de son choix, envisagé dans un large cadre, depuis la période coloniale jusqu’aux enfants issus de l’immigration”, nous avait déclaré Younès Ajarraï du CCME à la veille de la rencontre.

En effet, l'immigration des sportifs marocains à l'étranger, en Europe principalement, n'est pas un phénomène nouveau, il date de la période post-indépendance. A ce propos, le cas du génial Larbi Ben Barek est un exemple intéressant.

Ce dernier est parti de son Casablanca natal le 28 juin 1938 à l'âge de 19 ans, pour poser ses valises à Marseille, au sein de l'effectif de la cité phocéenne.

Malgré le fait qu'avant son arrivée à l'OM Ben Barek “possédait [déjà], au même titre que ses contemporains, grands joueurs d'Europe, la classe, cette étincelle qui départage le talent du génie”, comme l'a écrit l'éminent journaliste tunisien Faouzi Mahjoub dans une intervention lue en son nom lors de ce colloque, il n'empêche qu'à l'époque, beaucoup de journalistes de la presse française, parisienne surtout, doutaient de son talent. Autant par mauvaise foi qu'à cause de son statut de “colonisé”, le Maroc étant à ce moment sous protectorat français.

Le public, lui, était vite tombé sous le charme de Ben Barek, surnommé “La Perle noire”. L'enfant de Casablanca sera même sélectionné en équipe de France où il sera, avec Raoul Diagne qui était d'origine sénégalaise, le “deuxième joueur de couleur” au sein de l'effectif des Bleus.

Ce parcours exceptionnel de l'ancien joueur de l'USM Casablanca a été retracé par Laurent Bocquillon de l'Université de Nice (en présence de ces fils, Ahmed et Mustapha Ben Barek) dans une communication intitulée “Regards de la presse marseillaise sur "La Perle noire" de Casablanca”.

Outre Ben Barek, le cas de la légende mondiale de la Boxe, Marcel Cerdan disparu dans un accident d'avion le 28 octobre 1949, a été également abordé. En effet, si la postérité retient de Cerdan qu'il était un champion français, beaucoup oublient que le Maroc a également le droit de le revendiquer.

Né le 22 juillet 1916 Sidi-bel-Abbès (Algérie), c'est à Casablanca où sa famille était venue s'installer et où son père avait ouvert une salle de boxe en 1918, que Cerdan enfilera pour la première fois les gants. C'est au Maroc que dès 1933, alors qu'il n'avait que 17 ans, que Marcel Cerdan a enchaîné les combats et les succès, avant d'aller combattre en France métropolitaine.

Ce n'est pas pour rien que Marcel Cerdan, dont les obsèques à Casablanca avait réuni 70.000 personnes, a été surnommé le “Bombardier marocain”!

Les parcours de nombreux autres “sportifs marocains du monde”, qui ont laissé une empreinte indélébile dans leur carrière et dans leurs disciplines respectives, ont été également évoqués. Du rugby man Abdelatif Benazzi au tennisman Hicham Arazi, en passant par les footballeurs Mustapha Hadji, Marouane Chamakh, Abdeslam Ouaddou et Michael Chrétien Bassir entre autres.

.... aux enjeux actuels

Il s'agira aussi, à l'issue de ce colloque, de pouvoir cerner les enjeux actuels que constituent les statuts de ces sportifs. D'autant que Chamakh, Michael Bassir et tous les autres “sportifs marocains du monde”, binationaux pour la plus part, sont souvent amenés très jeunes à choisir le pays qu’ils vont représenter durant toute leur carrière”.

Selon Younès Ajarraï, étant donné que “le choix de l’identité sportive revêt une importance majeure dans l’étude de la diaspora”, il est “nécessaire de replacer ces stratégies dans le cadre plus large des mobilités marocaines vers l’étranger”. Pour cela, il sera procédé, à l'issue des travaux de ce colloque, à la publication d'un rapport à valeur de livre blanc.

“Ce rapport va d’abord nous éclairer sur ces processus en cours. Il pourra servir à éclairer les responsables publics et les fédérations dans leur stratégie de sauvegarde et de promotion des liens avec les sportifs marocains du monde”, a précisé le CCME. Ce dernier a souligné dans ce sens qu'il était également de son rôle “que d’alimenter les politiques publiques par une connaissance approfondie des mutations profondes que connaît l’immigration marocaine”.

Ce colloque a été également l'occasion de rendre un hommage appuyé à tous ces sportifs qui ont fait la fierté du Maroc dans différentes disciplines.

Un hommage posthume a été également rendu au doyen de la presse sportive nationale, Abdellatif El Gharbi, décédé récemment.

Bassirou BA

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