Éliminatoires CAN 2012 - Maroc 4 0 Algérie
De l'ombre à la lumière
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En infligeant une cinglante défaite (4-0) à son homologue algérienne, samedi soir à Marrakech, l'équipe nationale en laquelle beaucoup ne semblaient plus croire, surtout depuis la défaite à Annaba, est enfin sortie de l'ombre. Avec la plus belle manière qui soit: cette victoire lui permet non seulement de prendre une belle revanche sur les Fennecs, mais aussi et surtout de se rapprocher du but ultime, la qualification à la prochaine CAN au Gabon et en Guinée Equatoriale.
Cela faisait longtemps, précisément depuis la CAN 2004 en Tunisie, que les fans des Lions de l'Atlas n'avaient plus connu une telle émotion, une telle liesse.
Depuis cette date, l'équipe nationale était quelque peu sous éteignoir à cause de ses mauvais résultats (élimination prématurée lors de la CAN 2008, non participation à la CAN 2010), au point qu'une sorte de désamour avait fini par s'installer entre elle et les supporteurs, même les plus inconditionnels.
Et ce n'est pas une entame peu emballante de ces éliminatoires qui allait arranger les choses: un match nul (0-0) concédé à Rabat lors de la première journée, qui plus est, face à un nain du football africain, la Centrafrique; une “petite” victoire (1-0) face à la Tanzanie à l'occasion de la 2e journée; et surtout une défaite (1-0) face à l'Algérie, lors du match aller à Annaba, comptant pour la 3e journée.
Le réveil du lion
Et voilà que, lors de la 4e journée et contre toute attente (?), les Lions de l'Atlas ont repris du poil de la bête en battant à plate couture (4-0) un adversaire a priori le plus redoutable du groupe D, à savoir l'Algérie.
Cette victoire, en plus d'avoir permis à l'équipe nationale de venger sa défaite à Annaba fin mars dernier, lui a également permis de s'emparer provisoirement de la tête de son groupe avec 7 points (+4), en attendant le résultat du match Centrafrique-Tanzanie qui se jouait dimanche après-midi à Bangui.
Pour rappel, à l'issue de la 3e journée disputée fin mars, les quatre sélections étaient à égalité, 4 points chacune.
Outre les trois points empochés à l'issue de ce match - qui rapprochent le Maroc de la qualification -, on retiendra également la manière avec laquelle les coéquipiers du capitaine Kharja ont remporté ce derby maghrébin. De mémoire de chroniqueur sportif, cela faisait longtemps que les Lions de l'Atlas n'avaient plus fait montre d'une telle maîtrise de son sujet!
La démonstration a été totale
Alors que les fans du Onze national n'ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent pendant les 20 premières minutes de la rencontre, tout allait basculer sur un coup de pied arrêté, un corner dévié au second poteau pour être précis, qui a permis à Mehdi Benatia d'ouvrir le score à la 26e min.
Ce but a eu pour effet de décanter la situation et de mettre en branle la machine marocaine. 12 min après son but, le défenseur d'Udinese délivre un amour de passe à Marouane Chamakh. Celui-ci n'a pas manqué l'occasion, permettant ainsi à ses coéquipiers de regagner les vestiaires pour la pause avec un avantage de deux buts d'écart.
Pour l'attaquant d'Arsenal, très critiqué - par la presse surtout - avant ce match à cause de ses prestations jugées indignes du talent qu'on lui connaît et reconnaît, ce but a valeur de rédemption.
Pour revenir au match, la deuxième mi-temps a été à l'image des 25 dernières minutes de la première période: une équipe marocaine plus conquérante face à un hôte qui a par ailleurs beaucoup souffert de la fébrilité de ses défenseurs. Une fébrilité et un manque de concentration qui ont profité à Youssef Hadji: 3-0 à 30 min de la fin du temps réglementaire, et ce n'est pas fini!
Très remuant sur son côté gauche depuis le début du match, Oussama Assaïdi a porté le coup de grâce à l'équipe algérienne, en marquant le 4e but de la rencontre, à la 68e min.
“C'était le meilleur match qu'on a joué. Au début on a failli encaisser sur des balles longues, mais quand on a introduit quelques réglages et commencé à faire notre jeu, on est devenus meilleurs sur le terrain. C'est une belle récompense pour les joueurs, car ils ont senti l'importance de ce match. Le groupe était solide et plus agressif.”
Le sélectionneur national Eric Gerets.
Gerets enfin adopté?
“Ses qualités d'entraîneur et sa réputation de grand technicien ne lui ont pas valu l'unanimité au sein du public marocain, surtout après la défaite contre l'Algérie”, écrivait L'Equipe à la veille du match-retour Maroc-Algérie.
Le quotidien sportif français, qui faisait allusion aux nombreuses critiques dont le technicien belge faisait l'objet (que ce soit de la part de la presse nationale ou du public) avait ajouté: “(En attendant), Gerets doit s'imposer à Marrakech pour mettre en confiance le public marocain, un bon résultat qui lui permettra de mettre dans la poche médias et supporteurs.”
A l'issue de cette belle victoire de l'équipe nationale, qui plus est, obtenue aux dépens de l'Algérie, une équipe dont les joutes footballistiques avec le Maroc dépassent le cadre strictement sportif, cela semble déjà fait...
Mais Gerets et ses hommes devront confirmer lors des deux dernières journées, et se qualifier pour la prochaine CAN. Ce qui passera par un bon résultat à Bangui en septembre face à la Centrafrique, et par une victoire à domicile face à la Tanzanie, lors de la dernière journée début octobre à domicile.



