Ukraine: l'Europe hésite sur un boycott politique de l'Euro-2012 de foot

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Photo prise le 14 mai 2012, du nouvel aéroport de la ville ukrainienne de Donetsk, qui accueillera des matchs de l'Euro-2012
Photo prise le 14 mai 2012, du nouvel aéroport de la ville ukrainienne de Donetsk, qui accueillera des matchs de l'Euro-2012
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Une partisane de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, le 12 mai 2012 lors d'une manifestation à Kiev
Une partisane de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, le 12 mai 2012 lors d'une manifestation à Kiev
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Le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, le 8 mai 2012 à Bruxelles
Le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, le 8 mai 2012 à Bruxelles
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Fermes sur la nécessité de maintenir la pression sur Kiev pour libérer l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, les Européens hésitent à franchir le pas d'un boycott politique des matches de l'Euro-2012 de football en Ukraine.

L'UE réclame depuis plusieurs mois la libération de Mme Timochenko et dénonce une justice sélective à son encontre, alors que se profilent les élections législatives à l'automne.

Mais à l'approche du championnat de football qui doit se tenir du 8 juin au 1er juillet en Pologne et en Ukraine, les ministres européens des Affaires étrangères se sont entendus lundi à Bruxelles pour ne rien décider dans l'immédiat sur une présence politique aux matches en Ukraine, a annoncé la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

"Nous allons continuer à en discuter" a dit Mme Ashton, qui entend aussi aborder la question mardi à Bruxelles avec le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov.

Les ministres se sont entendus pour ne décider d'une présence politique aux matches en Ukraine qu'à la dernière minute, "quand l'événement sera imminent", a précisé la secrétaire d'Etat allemande Emily Haber à l'issue du débat.

Un report de décision qui cache de profondes divisions, alors que certains dirigeants européens, comme la chancelière allemande Angela Merkel, ont déjà menacé de ne pas venir si rien ne change d'ici là en Ukraine.

"Personne ne demande un boycott sportif", a souligné le ministre belge Didier Reynders en remarquant qu'il pénaliserait davantage les joueurs des équipes concernées que Kiev. En revanche, il est "inutile d'apporter une caution politique" au président ukrainien Viktor Ianoukovitch, a-t-il estimé, en jugeant qu'"un boycott politique est indispensable".

"Personnellement, je n'ai pas le projet de m'y rendre", a confié le chef de la diplomatie britannique William Hague, tout en précisant que son gouvernement allait "continuer à étudier" quelle position adopter pour ses différents ministres.

Il est "possible de jouer du bon football sans que trop de ministres soient présents", a jugé pour sa part le Luxembourgeois Jean Asselborn.

L'ensemble des commissaires européens, à commencer par leur président José Manuel Barroso, ont déjà annoncé qu'ils ne viendraient pas, une démarche que Mme Ashton a dit lundi "pleinement" appuyer. Quant au président de l'UE Herman Van Rompuy il a lui aussi indiqué qu'il n'avait pas l'intention de se rendre à Kiev.

Mais la question d'un boycott pose notamment des problèmes à la Pologne en tant que co-organisateur de l'événement.

Varsovie dénonce régulièrement les appels au boycott de l'Euro-2012 comme "totalement injustifiés", estimant qu'il ne fallait pas lier le ballon rond à la question du sort de l'ancienne égérie de la Révolution orange.

Varsovie a reçu lundi le soutien du ministre suédois Carl Bildt, qui a confié avoir "du mal à considérer que la participation ou la non participation à des matches de football soit le principal instrument de la politique européenne".

"Je pense que nous avons des instruments nettement plus forts et que nous devrions y avoir recours", a-t-il précisé, en allusion notamment à l'accord d'association, qui comprend un important volet commercial, que l'UE a fini de négocier avec Kiev mais qu'elle se refuse pour le moment à signer.

Pour que l'UE puisse ratifier l'accord, Kiev doit résoudre notamment la question des "procès politiquement motivés" la justice sélective, et autoriser tous ceux qui le souhaitent à participer aux prochaines élections, a souligné Mme Ashton à l'issue de la réunion.

Pour sa part, le président Ianoukovitch a prévenu que son pays ne se laisserait "pas humilier", en jugeant que la décision de responsables européens de boycotter l'Euro-2012 de football sera leur "affaire personnelle".

AFP


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