Affaire Timochenko: Kiev face à une pression croissante en Europe, menace de boycott sur l'Euro-2012

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Photo datée du 25 avril 2012 de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, dans sa cellule de prison
Photo datée du 25 avril 2012 de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, dans sa cellule de prison
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L'époux de Ioulia Timochenko (g) et leur fille, lors d'une conférence de presse à Prague, en République tchèque, le 30 avril 2012
L'époux de Ioulia Timochenko (g) et leur fille, lors d'une conférence de presse à Prague, en République tchèque, le 30 avril 2012
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Manifestation de soutien à Mme Timochenko dans les rues de Kiev, le 27 avril 2012
Manifestation de soutien à Mme Timochenko dans les rues de Kiev, le 27 avril 2012
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L'Ukraine s'est retrouvée de plus en plus isolée lundi, confrontée à la menace d'un boycott politique de l'Euro-2012 de football, notamment par l'Allemagne, afin de protester contre l'incarcération de l'opposante Ioulia Timochenko.

Plusieurs pays de l'Union européenne ont exprimé ces derniers jours leur inquiétude sur la situation de Mme Timochenko, ancien Premier ministre, incarcérée depuis août 2011 et en grève de la faim depuis le 20 avril pour protester contre des violences dont elle dit avoir été victime en prison.

Compte tenu de la situation politique, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annoncé, selon sa porte-parole, ne pas avoir l'intention de se rendre en Ukraine pour des matches de l'Euro-2012.

Selon la presse allemande, la chancelière Angela Merkel et les ministres de son gouvernement pourraient eux aussi ne pas se rendre dans le pays pour assister à des matches du championnat co-organisé avec la Pologne du 8 juin au 1er juillet, si Mme Timochenko n'est pas libérée d'ici là.

Réagissant, Kiev a mis en en garde l'Allemagne contre un boycott politique de la compétition digne de la "guerre froide".

"Nous ne voudrions pas penser que les dirigeants politiques allemands sont capables de ranimer les méthodes de la +guerre froide+ et qu'ils vont tenter de faire du sport l'otage de la politique", a déclaré un porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Volochine, cité par l'agence Interfax.

"Quelles qu'aient été les divergences entre les hommes politiques allemands et les gouvernements d'autres pays de notre région, aucun d'entre eux n'a jamais fait même une allusion à un boycott d'importants événements sportifs", a-t-il souligné.

Il a ensuite qualifié de "manipulation artificielle" ces menaces de boycott, estimant que cela serait une atteinte au championnat et non aux autorités ukrainiennes.

"Le sport c'est le sport, la politique c'est la politique, et tout cela est de la manipulation artificielle", a-t-il dit à l'AFP.

La Pologne s'est aussi opposée lundi au boycott de la compétition en Ukraine.

"Nous considérons que tous les appels au boycottage de l'Euro-2012 sont totalement injustifiés", a déclaré Marcin Bosacki, porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères, ajoutant qu'il ne fallait pas lier la compétition à la situation de Mme Timochenko.

Mais parallèlement, plusieurs présidents européens ont indiqué qu'ils ne se rendraient pas à une réunion entre présidents des pays d'Europe centrale, prévue les 11 et 12 mai à Yalta (sud).

Le président tchèque Vaclav Klaus a annulé cette visite en raison de ses réserves sur l'incarcération de Mme Timochenko, a indiqué le porte-parole de la présidence, cité par le journal Lidove Noviny.

De même, le président allemand Joachim Gauck a indiqué avoir annulé sa participation en signe de protestation contre le refus de Kiev de laisser Mme Timochenko venir se soigner en Allemagne.

De leur côté, les présidents d'Autriche Heinz Fischer et de Slovénie Danilo Türk ont annulé leur déplacement, officiellement "pour des raisons de calendrier".

Ces informations ont été confirmées lundi par M. Volochine qui a ajouté que l'Italie n'avait pas non plus l'intention de se rendre à la réunion.

Evguenia Timochenko, la fille de l'opposante, a salué le soutien apporté à sa mère par ces dirigeants.

"C'est l'ultime avertissement diplomatique au régime (du président Viktor Ianoukovitch)", a-t-elle déclaré.

Egérie de la "révolution orange" en Ukraine en 2004, Mme Timochenko a été condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir à l'époque où elle dirigeait le gouvernement, affaire qu'elle a toujours dénoncée comme une vengeance personnelle du président Ianoukovitch, élu en 2010, qui chercherait selon elle à l'écarter de la scène politique.

AFP


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