CAN: Hervé Renard, l'entraîneur français de la Zambie, recherche reconnaissance
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L'entraîneur français de la Zambie, Hervé Renard, en conférence de presse lors de la CAN le 7 février 2012 à Bata
Pour les joueurs comme pour les entraîneurs, la CAN-2012 est propice aux petites annonces: Hervé Renard, demi-finaliste à la tête de la Zambie contre le Ghana (mercredi à Bata), est en quête de reconnaissance et d'abord auprès de son propre pays, la France.
A plusieurs reprises lors du tournoi, le natif d'Aix-les-Bains (43 ans) a ironisé sur la médiatisation, selon lui, trop réduite de son équipe et de lui-même. "J'ai eu des petits mots ironiques parce que dans mon for intérieur, je suis un peu touché", explique-t-il.
Il a essuyé les refus de plusieurs clubs, de National et de Ligue 2. Demi-finaliste d'une CAN à la tête d'une sélection outsider, après avoir déjà atteint les quarts en 2010 (élimination aux tirs au but), Renard savoure une forme de revanche.
Sa première expérience avec les Chipolopolos (2008-2010) avait pris fin "pour raisons familiales". Après de courtes expériences auprès de la sélection d'Angola et d'un club algérien (USM Alger), il est rappelé fin 2011 par le président de la Fédération zambienne (FAZ), Kalusha Bwalya.
Son parcours est de toute façon jalonné de rencontres marquantes. D'abord Zinedine Zidane, au centre de formation de Cannes. "Je me suis aperçu que sans technique on ne pouvait pas jouer au foot", se souvient l'ancien joueur qui n'aura jamais percé au plus haut niveau.
A Cannes, il croise des entraîneurs de renom, Arsène Wenger, Jean-Marc Guillou, Jean Fernandez et Guy Lacombe. Puis Claude Le Roy, qui l'engage comme adjoint par monts et par vaux (Chine, Vietnam, Angleterre, Ghana). Et le "sorcier blanc" le met en contact avec Kalusha Bwalya. "C'est un gros bosseur, il est à l'écoute, décrit Le Roy. Il est parti de loin."
Sur le terrain, c'est plaisir et rigueur. Plaisir, comme l'entraînement de lundi, avec jeux de ballons et rigolades. Rigueur, quand on l'entend hurler "wake up !" (réveillez-vous !). Et quand il décide d'exclure l'attaquant Clifford Mulenga du groupe à la suite d'une escapade nocturne à Malabo.
Côte tempérament, le sourire facile et la décontraction se doublent d'une aptitude au +pétage de plombs+, comme lorsqu'il menace un journaliste en pleine conférence de presse lors de la CAN-2010, ou quand il morigène un policier équato-guinéen qui voulait abréger les interviews après le quart de finale contre le Soudan (3-0).
Côté jeu, Hervé Renard adore le Barça et Pep Guardiola. "J'ai horreur de voir les défenseurs dégager en fermant les yeux, j'aime les équipes qui repartent de derrière en construisant."
Message manifestement bien reçu par les Chipolopolos. "Ce type est un passionné, avance leur capitaine, Christopher Katongo. Il a sa propre philosophie et n'a peur de rien. Tactiquement, c'est un bon entraîneur, les joueurs comprennent ce qu'il veut."
Mais restera-t-il avec eux ? Son contrat court jusqu'à fin 2012. "J'ai de grandes ambitions, mais j'ai le temps, énonce-t-il. Si mon président veut continuer la route avec moi, on essaiera ensemble de qualifier l'équipe pour la Coupe du monde 2014". A moins qu'un club français...


