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Football: des supporteurs du PSG visés par des plaintes pour racisme
A trois jours de l'ouverture du Mondial de football en Afrique du Sud, le pays de la lutte contre l'apartheid, SOS Racisme va déposer trois plaintes contre des supporteurs du PSG soupçonnés d'injures raciales et dénonce la responsabilité de l'Etat dans la montée de ce phénomène.
L'association antiraciste va déposer trois plaintes "globales" à Paris, Lille et Lyon pour "injures raciales" et "violences à caractère racial", a expliqué son avocate, Me Emilie Perrier, lors d'une conférence de presse où ont été diffusées des images (vidéos et photos) attestant de ces infractions présumées.
Son président, Dominique Sopo, a reconnu profiter de l'actualité de la Coupe du monde de football (11 juin-11 juillet) organisée pour la première fois dans un pays africain et spécialement en Afrique du Sud qui a mis fin au régime de l'apartheid il y a plus de 15 ans.
"C'est un message que l'on veut envoyer aux supporteurs. Nous voulons dire +non à l'apartheid dans nos stades+", a-t-il déclaré en estimant que "le foot est gangrené par le racisme au point que le public est devenu réticent à se rendre dans les stades".
SOS Racisme a pu identifier une vingtaine de supporteurs responsables de ces infractions et membres de groupuscules proches de l'extrême droite : dix à Paris, neuf à Lyon et trois à Lille, a précisé Me Perrier.
Les injures proférées visaient d'autres supporteurs du PSG "en raison de leur appartenance à une nation, à une ethnie ou de leur apparence physique", a souligné l'avocate.
Devant la presse, SOS Racisme a diffusé des images de violences qui lui ont permis d'identifier les auteurs. "La justice peut les identifier et les sanctionner par rapport à la gravité des faits", a plaidé Me Perrier.
Parmi eux, figurent des "hooligans historiques" âgés d'une quarantaine d'années ou de jeunes étudiants proches de l'UNI (Union nationale inter-universitaire) "qui essaient de lancer des mouvements du type Renouveau français", selon l'avocate.
Certaines victimes de ces "hooligans" avaient été contraintes sous la menace de renoncer à porter plainte, a déploré l'avocate. "C'est compliqué d'avoir des témoignages car on est face à des groupes politiques organisés capables de faire preuve de violences", a confirmé Dominique Sopo.
Si la responsabilité du club est avérée, SOS Racisme refuse de "se focaliser" sur le PSG et n'entend pas "dédouaner" l'Etat coupable d'une "absence de fermeté", ni les instances de football "qui n'ont pas de plan d'action global à la hauteur des enjeux".
Après plusieurs incidents ces derniers mois - dont un supporteur du PSG tué dans une rixe entre bandes - le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait déclaré souhaiter une loi "à l'automne" interdisant temporairement les déplacements de supporteurs.
Un militant de SOS Racisme, supporteur du PSG, a raconté comment les policiers ont tenté de le dissuader de se rendre au "kop Boulogne", la tribune des ultras, au motif qu'il était noir. "C'est la reconnaissance de l'apartheid dans les tribunes", a commenté M. Sopo.
Annonçant une rencontre prochaine avec le président du PSG Robin Leproux, M. Sopo a jugé que le plan anti-violences récemment annoncé par le club allait "dans le bon sens".
D'ores et déjà, M. Sopo lui demande de mettre fin à la pratique consistant à recruter les stadiers parmi les membres "des groupes racistes". Il souhaite aussi que les tribunes du Parc des Princes portent le nom d'anciens buteurs étrangers du PSG comme l'Algérien Mustapha Dahleb, le Libérien George Weah et le Portugais Pedro Pauleta.



