Centre multifonctionnel Batha pour l'autonomisation des femmes
L'espoir renaît chez les femmes victimes de violence à Fès

Dernière mise à jour :


À l'entrée du centre multifonctionnel Batha pour l'autonomisation des femmes, le visiteur est attiré par une bande dessinée qui résume en quelque sorte l'état d'esprit qui règne dans ces lieux renfermant bien de drames humains et sociaux.

Le dessin raconte l'histoire, ou plus précisément le chemin de croix de Rabha (gagnante en arabe), une femme marocaine ordinaire qui a pu s'affranchir du statut de victime pour devenir une personne décidée à retrouver sa dignité. Au fil des vignettes, elle passe de l'égarement et l'abattement à l'épanouissement, après avoir exorcisé les démons de son passé douloureux.

Plus qu'un espace d'accueil et d'écoute, le centre est une réelle source d'espoir. Créé en 2009 dans le cadre du programme de lutte contre la précarité de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), il vit, depuis, une belle success-story en matière d'insertion et d'accompagnement des femmes victimes de violences basées sur le genre, dont les dernières statistiques nationales sont plus qu'alarmantes.

2.600

C'est le nombre de femmes prises en charge par le centre durant les trois dernières années.

Un accompagnement multiforme

En dehors du travail d'édification psychologique et de renforcement de la confiance en soi, le centre offre aux usagères un accompagnement juridique, des activités d'épanouissement et d'intégration, des cours d'alphabétisation, des formations professionnelles et un hébergement pour celles qui sont dans la rue, explique à la MAP le jeune directeur du centre, Amine Baha.

Une fois à l'intérieur du centre, situé à proximité de quartiers à forte concentration de précarité et de vulnérabilité, la femme reçoit d'abord un soutien psychologique et des conseils pratiques, s'initie à ses droits fondamentaux et peut apprendre, ensuite, un métier pour entamer du bon pied son processus d'autonomisation.

Le centre représente pour ses pensionnaires un refuge, un second foyer, synonyme de deuxième chance. À les voir réunies, heureuses, au moins en apparence, difficile d'imaginer ce qu'elles ont enduré pour arriver jusque-là.

C'est le cas de Sanaa, une jeune mère de deux petites filles, qui a été chassée du foyer conjugal, il y a un an et 8 mois. Après avoir passé des nuits dans les escaliers d'immeubles à Rabat, sa ville d'origine, elle a débarqué, raconte-elle, au centre Batha où elle a mis au monde une jolie fille, reçu de l'assistance médicale, psychologique et juridique et appris à faire de délicieux gâteaux dans l'atelier de pâtisserie.

“C'est nous qui préparons les buffets organisés lors des visites au centre de grandes personnalités”, raconte Sanaa, avec une fierté à peine dissimulée. Son rêve est de créer un snack, même tout petit, pour bien élever ses deux filles et ne plus dépendre de personne.

L'autonomie à la clé

Grâce à des partenariats avec l'OFPPT et l'ANAPEC ou des sollicitations de maison d'hôtes de la médina limitrophe, quelques-unes ont pu décrocher un petit job, parfois suffisant pour se prendre en charge. D'autres, plus ambitieuses, font tout pour monter leur propre affaire.

C'est ainsi que pour aider chacune d'elles à se prendre entièrement en charge et s'approprier les clefs de son destin, l'association Initiatives pour la protection des droits des femmes (IPDF), qui gère le centre, vient de leur proposer, en partenariat avec ONU-Femmes, organisme onusien pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, d'intégrer un projet dit “Attahaddi”. C'est un fonds destiné à venir en aide aux femmes victimes de violences basées sur le genre.

Son principe est simple : offrir aux femmes usagères du centre Batha un crédit à taux nul et des services d'accompagnement psychosocial, pour leur permettre de créer une activité génératrice de revenus.

Une commission a retenu, courant octobre, les projets de 14 femmes qui vont bientôt signer une convention de financement leur permettant d'entamer les procédures administratives, relève Amine Baha, qui ne cache pas, d'ailleurs, sa joie.

aufait/MAP

L'équipe de aufait accueille vos commentaires avec enthousiasme, et s'engage à respecter votre liberté d'expression. Par contre, afin d'éviter les abus et les contenus offensants, seuls les commentaires validés par notre équipe rédactionnelle seront publiés. Vous êtes priés de respecter la netiquette.

Vous avez droit à votre opinion, respectez donc celle des autres ! Merci.



newsletter



PRESSE ARABOPHONE
Kiosque. Revue de la presse hebdomadaire

Dernière mise à jour : Juin.14, 10:53

وجهة نظر، وجهات نظر أخر الأخبار العربية بالراي والتحليل