Droit de manifester
Une lectrice réagit

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Suite à la couverture journalistique dans nos colonnes des différentes manifestations dans notre pays, une lectrice nous écrit son mécontentement. Selon elle, notre couverture est "très biaisée et relève de l'amateurisme parfois". Malgré notre engagement éditorial sans équivoque à rapporter des faits à nos lecteurs, nous avons choisi de lui donner la parole et de rapporter son opinion.

Je pense que des titres comme “la police charge les manifestants” et les photos que vous publiez sont assez provocateurs. Manifester est un droit, c'est incontestable et le fait que votre ligne éditoriale veuille défendre un droit fondamental des humains est admirable.

Par contre, j'estime que vous devriez aussi défendre le principe de primauté de la loi parce que c'est cette dernière qui fait la différence entre liberté et anarchie. Le droit de manifester est régulé par la loi dans tous les pays “démocratiques” et une autorisation est requise pour une manifestation occupant la voie publique.

On a eu des manifestations chaque week-end ces trois derniers mois. Pour la plupart, elles se sont déroulées sans interventions policières bien qu'aucune demande officielle n'ait été faite, ce qui est de fait un délit en France, au Royaume-Uni, en Espagne, aux États-unis... Des notifications écrites d'interdiction de manifester avaient même été données aux organisateurs et pourtant ces derniers avaient choisi d'enfreindre la loi.

On est tous égaux et responsables devant la loi et votre journal se doit de le refléter. Vous avez l'obligation morale de faire savoir que manifester est un droit mais aussi que la loi prime et par conséquent vous vous devez de le dire expressément quand une manifestation dispersée n'est pas autorisée. Vous vous devez aussi de faire savoir que manifester vient avec des devoirs comme, par exemple, présenter des garanties qu'il n’y aurait pas d'atteinte aux droits et libertés d'autrui.

J'aimerais bien que vous fassiez un article sur les conséquences directes et peut-être indirectes de ces manifestations. Par exemple, les répercussions sur les commerçants a Rabat, ou sur la circulation à Casablanca ou sur l'économie du pays en général. Peut-être même des suivis sur les commerces qui avaient étaient pillés à Tanger le 20 Février ou sur l'impact sur les personnes dont les voitures avaient étaient vandalisées à Fès ou Al Hoceima. Marrakech à elle seule a enregistré 22.000 annulations pour les trois prochains mois, au moins vous pourriez relayer l'article si vous ne l'avez pas déjà fait.

Finalement, je pense que c'est votre devoir de mesurer chaque mot de vos articles et de vos titres surtout que votre journal a une présence sur le net qui fait que vous avez inévitablement un impact sur l'image du Maroc (un pays qui dépend du tourisme) à l'étranger.

La réponse de la rédaction

Chère lectrice,
D’abord merci de nous avoir envoyé ce courrier qui prouve que vous portez beaucoup d’intérêt à ce que nous faisons.
Concernant l’objet de votre "coup de gueule", rassurez-vous : traiter les informations de manière impartiale représente pour nous un sacerdoce ! Et si vous relisez l'article que vous indexez particulèrement, vous vous rendrez compte que nous avions bien mentionné que, selon les autorités, la manifestation en question n’était pas autorisée... Veuillez agréer, chère lectrice, nos salutations distinguées.

Khadija B.

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