Condamnation de Hit Radio
Réactions sur: "Le baiser de la HACA"
Dernière mise à jour :
Le 12 juin, nous avons publié une chronique intitulée "Le baiser de la HACA" (à lire ci-dessous) suite à la condamnation de la Haca à l'encontre de Hit Radio. Cette chronique a suscité des réactions, dont nous vous livrons quelques-unes. Bonne lecture.
Chronique
Hit Radio vient d’être condamnée lourdement pour avoir diffusé le mot suivant “Haz Alb” dans le sampling d’une chanson, ce qui aurait, d'après la HACA, heurté les oreilles chastes des citoyens. Rappelons que le sampling est un hachage de phrase fait électroniquement et produisant une répétition rythmée de la partie sectionnée. Ainsi l’appareil électronique de Hit Radio, en coupant la phrase “Haz al bot” en darija, a finalement produit le son “haz alb” proche du nom du sexe masculin en argot darija. On croit rêver mais c'est bien chez nous que cela se passe.
On pourrait dire que leur appareil a commis une khtana (circoncision) pas assez courte: un caractère plus loin cela aurait donné le son “Haz Al” et Hit Radio n’aurait eu aucun problème...
En informatique un caractère est aussi appelé “byte”. Mais que suis-je en train de dire là? Byte, ne serait-ce pas aussi le sexe masculin en argot français? En plus de cela avec tous les bits qui circulent sur le réseau Internet, la Haca risque de ne plus savoir où donner de la tête!
En arabe on risquera gros avec elle chaque fois qu’on parlera d’un ami en utilisant les différentes déclinaisons du mot “zamil” ou de la force (kawa) si un malheureux “L” venait s'y glisser, ou bien de “sawa” qui a beaucoup de significations mais fait aussi référence à notre postérieur.
Quant à prononcer la phrase classique “baiser la main de quelqu’un”, serons-nous alors taxés d’outrage à cause du mot “baiser”, qui en argot fait référence à l’acte sexuel?
La Haca a oublié ici que seule la mauvaise intention doit être condamnée. Que l’erreur est humaine. Et comme on vient de le montrer, notre langage est bourré de mots à double sens ou phonétiquement très proches de mots d’argot sexuel que ce soit en arabe ou en français. Chacun de nous en prononce plusieurs par jour. Seul les esprits mal tournés et refoulés ne retiennent que la signification la plus vulgaire.
Cette condamnation est bien bizarre. Et on peut alors se demander qui veut la mort de Hit Radio?
Réactions
Lud_oh Mohammedia :
Ah la censure, quel bonheur! La joie de sanctionner par des pénalités les libertés de la presse, les libertés de penser et la liberté des humoristes. Ce bel organe de censure, [...] applique la politique du “je ne sais pas”, “je ne veux pas savoir”, ...mais j'ai raison, alors je sanctionne! Mais sanctionner quoi? Une parodie? donc de l'humour?
Ce dont ces grands penseurs sont parfaitement dépourvus.
Mais en regardant de plus près, par leur action, ce mot s'est retrouvé sur Internet, la chanson est téléchargée dans le monde entier, et tous les articles sont lus et commentés. La HACA a réussi le coup du siècle: se ridiculiser par delà les mers et les océans! [...]
Je ne condamne pas le fait de vouloir contrôler l'information pour éviter des dérives, mais le contrôle doit être fait par des professionnels sur des bases objectives et non par un comité rétrogradant et obscurantiste qui n'a pas le savoir pour juger la qualité de l'humour. Pourquoi être aussi hypocrite sur un mot quand le satellite offre des programmes sur des chaînes de pays arabes ventant la prostitution et la pornographie? Pourquoi ne pas interdire ces chaînes ou les brouiller? [...] Il faut que Hit Radio fasse des parodies et ne s'auto-censure pas sur l'humour, autrement ce serait la fin de l'évolution et le retour de l'obscurantisme et de l'intolérance.
Etre sanctionné peut parfois être bénéfique pour la publicité, la preuve tout le monde parle aujourd'hui de Momo et de Hit Radio, pour qui se faire sanctionner a été en réalité une publicité formidable qui aurait coûté bien plus que 70.000 Dh si elle avait été faite par une agence de publicité. Si j'étais le patron de Momo, je l'augmenterais rien que pour ça, et je remercierais les membres de la HACA de leur haute compétence.
Uncle Sam (pseudo) Rabat
Je tiens juste à signaler que Hit Radio n'a jamais cessé de nous faire ces coups, donc la HACA a ses raisons de surveiller cette radio qui a des antécédents. En effet, rappelons qu'il n'y a pas que Hit Radio qui est sanctionnée car pas plus tard qu'il y a une semaine, Radio Mars a subi le même sort à cause de la même personne qui a déjà eu un entretien au sein de Hit Radio. Donc il n'est pas question de radio visée mais plutôt de contrat à remplir parce que si l'État commence à donner des autorisations aux radios privées, cela reviendrait à leur donner le droit de pénétrer dans notre intimité, et d'influencer nos petits frères et nos petites sœurs. Imaginez votre petit frère répétant le fameux mot de Momo “Haz elb” devant vos parents et vous comprendrez.
Mohamed Bougadra, Casablanca
En tant qu'auditeur de Hit Radio, j'ai écouté la chanson “Haz al bot”plusieurs fois sans jamais faire attention à la signification vulgaire du mot “Haz Alb”. C'est lorsque j'ai été mis au courant de la sanction faiblement justifiée par la HACA que j'ai réécouté la chanson pour pouvoir comprendre le sens négatif que peut donner la répétition du mot.
J'ai toujours fait confiance aux membres de l'équipe Hit Radio et surtout à Momo l'animateur de l'émission “Le morning de Momo” qui a veillé au succès de cette radio, en faisant plaisir à un maximum d'auditeurs, en leur donnant la pêche et en les réveillant chaque matin dans la bonne humeur. [...] J'ai toujours été à l'écoute de cette radio et toujours été un fidèle auditeur, mais je n'ai jamais pensé qu'un des membres de cette radio et en particulier Momo aurait pu avoir une mauvaise intention ou prononcer un terme vulgaire capable de créer un tel problème et heurter la sensibilité des auditeurs.
Il est bien évident que cette erreur est due à une coïncidence, celle d'avoir répété sans aucune mauvaise intention un terme dont la signification a été perçue autrement par d'autres auditeurs. [...] J'ai été étonné quand j'ai appris pour la première fois que Hit Radio avait été sanctionnée par le conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA), et la seule idée que j'avais en tête était l'injustice du jugement de cette dernière. Pour cela je demande aux membres de la HACA d'être plus compréhensifs et de reconsidérer les choses, car je ne pense pas qu'une pareille faute mérite une aussi lourde sanction.
Hanane Casa
Arrêtons de dire n'importe quoi! La sanction est justifiée et comme on dit “jamais deux sans trois”! Pourquoi le patron de Hit Radio n'a pas viré l'animateur à la première sanction, puis la deuxième et enfin la troisième ?! Si quelqu'un veut la mort de Hit Radio, c'est bien Momo! Alors arrêtons de nous voiler la face, et je demande à notre cher animateur (si toutefois la HACA le vise) d'avoir assez de classe pour déposer sa démission afin de laisser Hit Radio continuer en paix.



