Edito Partis politiques du Maroc
Partis politiques du Maroc, même génétique

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La rentrée politique était à l’honneur, mardi soir, sur la chaîne Al Oula dans le débat  “Kadia wa arae”, animé par Abderrahmane El Adaoui.

Il s'agissait en fait d'une sorte de rappel des positions des uns et des autres: ceux qui, au gouvernement, pensent avoir accompli un grand chemin en neuf mois, et  les autres, simples citoyens ou membres des partis d’opposition, qui s’inquiètent de ne rien voir venir.

L’émission aurait donc pu ronronner paisiblement sur le rythme de ce balancier, s’il n’y avait eu un sursaut du représentant du PAM pour réagir aux insinuations répétées d'Abdelali Hamieddine du PJD, sur les épisodes de la création du PAM.

Piqué au vif, Abdelaziz Benazzouz n’y a pas été avec le dos de la cuillère, en évoquant tout le parcours des mouvements islamistes depuis la Chabiba Islamia jusqu’à la naissance du PJD. Pour Benazzouz, le PJD n’a aucune leçon à donner au PAM: les mouvements islamistes ont également été instrumentalisés par les autorités pour contrecarrer la gauche et l’extrême gauche. Puis, le PJD est né, sous la coupe du docteur Al Khattib, un fidèle du pouvoir central.

Pas de quoi déstabiliser Abdelali Hamieddine qui tout en faisant l’éloge du docteur Al Khatib, qui selon lui, a su dire non au pouvoir quand il le fallait, a exprimé en plus sa fierté de militer dans un parti initié par cette personnalité historique du pays. On comprenait en filigrane, qu'aucune comparaison ne pouvait être faite entre le docteur Al Khatib et Fouad Ali Hima.

Heureusement pour nous, le représentant du RNI, Mohammed Hnine, n’a pas saisi l’occasion de nous rappeler comment son parti a été créé, et par ailleurs, aucun membre de l’Union constitutionnelle ne participait au débat...

En dehors de ces échanges fâcheux, le débat laisse à penser qu’il y a un déficit de communication entre le gouvernement et les citoyens. Les micros trottoirs de l’émission ont surtout montré des personnes inquiètes de ne voir rien venir.

Toutefois, Abdelali Hamieddine du PJD a rappelé plusieurs chantiers en cours: le débat national sur la réforme de la justice arrive à sa fin, celui sur la santé est en cours, la commission sur la Caisse de compensation est sur le point de remettre sa copie, plusieurs décisions sur l’éducation ont été prises, l’inscription au RAMED suit son cours et cerise sur le gâteau, selon Hamieddine, le gouvernement a libéré les Marocains, “qui peuvent aujourd’hui parler sans peur”.

Sur ce dernier point, il faut émettre des réserves. Du reste Benazouz du PAM n’avait pas sa langue dans la poche quand il a dénoncé la poursuite des arrestations abusives et des atteintes à la liberté d’opinion. Oui c'est bien le PAM qui parle ainsi.

La politique au Maroc relève finalement de cet adage libyen “si tu essayes de comprendre, tu es saisi de vertiges”. (T7ab tafham eddoukh).

Abdelhaq Sedrati

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