Edito
Un parti démocratique est né, l'USFP au pied du mur

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Depuis mars dernier, une certaine morosité plane sur l'action du gouvernement, qui peut-être pour des raisons objectives, semble avoir du mal à engager le pays dans une nouvelle dynamique politique, sociale et économique.

Les tergiversations des vieux partis comme l’Istiqlal et l’USFP dans le renouvellement de leurs dirigeants ces derniers mois, accentuaient cette impression de mise en attente de tout le pays, jusqu'à ce dimanche avec finalement, l'élection du nouveau secrétaire général de l’Istiqlal, Hamid Chabat.

Le premier vainqueur est le parti lui-même qui, comme le PAM, le PJD et le PSU avant lui, a pu mettre en œuvre une procédure transparente et démocratique pour désigner sa nouvelle équipe.

Et quelle équipe! Un Chabat fort en gueule, capable d'en découdre avec Benkirane, et qui a la même facilité dans l’art de la parole cassante. Tout cela présage une cohabitation houleuse au sein de la coalition gouvernementale. A moins que nos deux ténors ne comprennent qu’ils ont tout intérêt à s’entendre pour terminer ensemble la présente législature, qu'ils finissent par arrondir les différends qui les opposent, et qu'ils nous replongent dans la léthargie que nous connaissons aujourd’hui.

Toutefois, le sursaut salutaire pourrait venir du changement de la politique économique, avec un Adil Douiri volontaire et énergique, qui a souligné à plusieurs reprises les handicaps de notre économie et la nécessité de procéder à une révision d’urgence de notre modèle. Il suggère de lutter contre les importations qui ne cessent d’enfler, en faisant une pause dans la politique d’investissement dans les infrastructures au profit de l’investissement industriel. Adil Douiri propose plus d'implication directe de l’État dans les plans Azur et Émergence.

Sur le plan politique, cette élection interpelle une autre force traditionnelle de notre pays. Les dirigeants de l’USFP et leur base vont être confrontés à une lourde responsabilité, et devoir changer leur habitude d’imposer par le haut un notable de leur parti. Seront-ils capables de procéder à des élections transparentes et démocratiques tout comme celles des partis qui les ont précédés? S'ils ne le font pas, ils perdront toute crédibilité.

Avec une classe politique entièrement renouvelée, le Maroc sortira gagnant sur le long chemin de la construction démocratique.

Abdelhaq Sedrati

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Dernière mise à jour : Mai.9, 7:9

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