Edito :Le PJD vers un avenir international ?

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Saad Edine El Othmani, le Raymond Poulidor (coureur cycliste français qui arrivait toujours second dans le tour de France) du PJD, continuera encore pour 4 ans à caracoler derrière Abdelilah Benkirane. Mais contrairement à Poulidor, sa victoire à la fin de ce mandat sera presque certaine, puisque le secrétaire général du PJD ne peut pas être élu pour plus de deux mandats.

Quant à l’élection de Benkirane, bien qu’annoncée et prévue par tous les observateurs, elle n’enlève en rien le caractère démocratique de la procédure suivie pour sa désignation. Alors que le parti de l’Istiqlal quant à lui, continue les manipulations en coulisses pour essayer d’imposer une candidature unique à leurs congressistes, au grand dam de leur jeunesse qui ne veut plus de ce genre de procédures.

Finalement, le congrès du PJD a plus étonné par la liste de ses invités qui s’est diversifiée et allongée, avec notamment la présence du Hamas, d’un membre du comité central du Fatah, de l’activiste yéménite Tawakul Karman, du parti populaire de l’Espagne, de l’Israélien Ofer Bronstein (ancien conseiller de Shimon Peres), et d’une délégation très contestée du parti nationaliste soudanais.

Cet éventail très large de différentes sensibilités et d'horizons divers est-il précurseur d’un avenir international du parti de la lampe? Peut-il contribuer à lui donner un visage plus moderne et libéral?

Toutefois, la fin de ce congrès coïncide avec deux informations pas si anecdotiques. Tout d'abord, le sit-in organisé dans un quartier de Témara pour réclamer la fermeture d'un débit de boissons alcoolisées, et puis la diffusion de l'information concernant la déprogrammation du film franco-iranien Persepolis par la cinémathèque de Tanger dans le cadre d'un festival. Rappelez-vous, ce film avait fait l'objet en Tunisie d'une levée de boucliers des islamistes à cause d'une représentation de Dieu dans une scène. Quel que soit l'organisme ou l'autorité qui a pris une telle initiative, tout cela nous rappelle que sur le plan des droits et libertés individuelles, on n'est vraiment pas sorti de l'auberge...

Abdelhaq Sedrati


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