Edito :Chabat ou l'arroseur arrosé

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La dynamisation de la réforme de la justice ne pouvait pas avoir meilleur support marketing que l’affaire de la condamnation du fils de Hamid Chabat, le maire de la ville de Fès, à 3 ans de prison par le tribunal de première instance de Fès, pour trafic de drogue. Naoufal Chabat a bien entendu le droit d’aller en appel et il continuera de bénéficier de la présomption d’innocence tant que le jugement final ne sera pas prononcé.

Tout en espérant que le fils de Chabat puisse bénéficier d’un jugement équitable, il n’en reste pas moins que la réaction aussi bien de son père que de l’organe de presse de l’Istiqlal, Al Alam, reflètent l'attitude des tout-puissants qui s’estiment au-delà des lois et de la justice. Au lieu d’essayer de démonter juridiquement  et par des faits et des preuves, l’accusation du procureur, leur réaction est d'évoquer complots, opérations montées et saisine du comité exécutif du parti de l’Istiqlal.

On apprend notamment par Al Alam que le dossier du jeune Naoufal avait été clôturé en 2009 par la police judiciaire. Or la police judiciaire n’a jamais le droit de clôturer un dossier, et seul le parquet peut arrêter des poursuites. Deux policiers étaient impliqués dans cette affaire avec le fils de Hamid Chabat, ce qui rend encore plus suspecte la mise sous le coude du dossier par la police judiciaire, et justifierait certainement le fait que le procureur ait demandé la poursuite de l’enquête. Par ailleurs en 2009 le gouvernement était mené par le parti de l’Istiqlal... Si on devait s’en tenir aux présomptions et aux rapprochements d’idées, il y en a autant contre que pour le fils de Chabat.

Le meilleur exemple que pourrait donner Hamid Chabat serait de respecter la justice et de demander qu’un procès équitable soit fait en appel pour son fils. Par les temps qui courent il est plus dangereux pour lui de médiatiser tout cela et de se positionner en pauvre victime d’une machinerie politique qui cherche à l’écraser, à moins qu'il n'ait des faits réels à dévoiler.

Dans tous les cas le procès sera suivi de près par tous les médias et très certainement, personne n'acceptera que le fils de Chabat soit condamné sans preuves réelles contre lui.

Abdelhaq Sedrati


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