Edito :Culture. Débat national urgent

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En 2011, plusieurs associations culturelles s’étaient mobilisées pour manifester contre les dérives et les reculs qui caractérisent la gestion de ce secteur. Les débats suscités suite à cette mobilisation ont fait apparaître une responsabilité partagée entre l’Etat et tous les acteurs de la culture. Tout le monde reconnaît que le budget de la culture est insuffisant et mal réparti.

Après le printemps arabe et la voie marocaine qui a été suivie pour le traverser, beaucoup de difficultés  se dressent devant  le développement de la culture au Maroc.

De nombreuses  questions identitaires se posent  aujourd’hui de façon récurrente à tous les niveaux. L’audiovisuel vient d’en subir les frais. Des livres ou magazines ont été censurés. Des spectacles sont régulièrement montrés du doigt. Notre Constitution a défini de façon très large et parfois contradictoire les références de notre identité, le rôle de la religion, la liberté de conscience, la liberté d’expression et la question des langues.

La culture a besoin d’acteurs qui osent, qui vont à la limite du politiquement correct. Elle a besoin de libertés et d’ouverture sur le monde. Si on se met à être choqué par un écrit, un corps nu, une image représentant une silhouette divine ou la phrase d’un rappeur, alors il est fort possible que durant encore des années nous ne dépasserons pas le niveau atteint après plusieurs décennies de festival des danses folkloriques de Marrakech.

Pourtant depuis le début du règne de Mohammed VI, une bouffée d’air frais avait commencé à souffler sur le Maroc.  Nos jeunes ont commencé à développer une culture alternative vivante comme l’expérience L’Boulevard, un espace de promotion de jeunes talents. Une nouvelle façon d’écrire en dépassant les tabous est apparue. Certains osent aller loin dans leur rap. Mais des forces obscures sont en action aussi pour rappeler tout ce monde à l’ordre.

Il est urgent d’organiser des états généraux de la culture en associant les organismes de l’Etat et ceux de la société civile pour tracer une nouvelle charte culturelle pour notre pays.

Abdelhaq Sedrati


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