Edito :Conflit social à Kenitra. Que fera le PJD?

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Depuis novembre 2011, plusieurs usines du groupe Delta Holding subissent régulièrement des actes de blocage de leur activités par une cinquantaine d’anciens salariés dont les contrats avaient pris fin. A l’époque certains avaient accepté leur solde de tout compte. D’autres s’étaient adressés au tribunal qui a jugé la fin de leur contrat régulière. Une cinquantaine continuent de réclamer leur incorporation dans le personnel permanent et ont décidé d’occuper les locaux depuis le 10 avril 2012, provoquant une perturbation du travail des 1.300 salariés permanents des entreprises concernées.

Hier le conflit a pris d’autres proportions avec l'usage d’armes blanches et des agressions physiques. Trois cadres de ces entreprises ont été blessés.

Malgré un jugement du tribunal en avril demandant l’évacuation des locaux et l’ordre du Procureur du Roi de Kenitra pour sa mise en exécution, les autorités restent totalement absentes. Il s’agit là d’une atteinte flagrante à la liberté du travail et à la liberté d’entreprendre.

Nous avons toujours connu ce type de situation dans le passé. Tous les responsables à divers niveaux de la police et des autorités, s’abstenaient d’agir de peur d’être mal notés et démis de leurs fonctions. Il était par ailleurs communément admis que les autorités supérieures n’aimaient pas entendre de bruits de conflits.

Mais avec la nouvelle constitution qui réserve plus de 25 articles aux libertés, un PJD qui mène la coalition gouvernementale et qui ne cesse d’affirmer son intention d’appliquer la loi à chaque instant, on aurait pu penser qu’une décision rapide serait prise pour stopper la dégradation de l’activité de ces entreprises.

Le fait de ne pas avoir été ferme sur les conditions d’embauche dans la fonction publique a induit en erreur beaucoup de jeunes aujourd’hui, qui réclament tous leur titularisation d’office. De même si les formes de contrat d’emploi ne sont pas respectées (travail à la tâche, travail pour un temps déterminé, ou travail pour une durée indéterminée), demain toute personne qui accepte un contrat de travail déterminé dans sa nature ou dans la durée et qui prend nécessairement fin une fois terminé, considérera qu’elle a automatiquement droit à devenir permanente.

Le conflit de ces usines n’a que trop duré. Les employés désireux de poursuivre leur travail, soit la majorité des 1.300 salariés de ces usines, ont manifesté à plusieurs reprise devant la wilaya pour accéder librement à leur travail. Les investisseurs de ces usines ont écrit au ministre de l’Intérieur et au Premier ministre.

La solution qui sera apportée à ce conflit, notamment dans le respect ou non de la législation du travail et des décisions de justice, sera un signal fort négatif ou positif pour tout investisseur dans notre pays.

Abdelhaq Sedrati


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