Edito :Démocratie: Difficile apprentissage du PJD

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M. Benkirane. /DR
M. Benkirane. /DR
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Assurément, nous sommes dans une phase de transition qui ne manque pas  de nous faire sourire à l’occasion de tous les échanges entre opposition et majorité. Dès le départ de cette nouvelle expérience démocratique les paramètres du jeu politique se sont imposés à tous. Des partis qui ont gouverné ces dernières années se retrouvent dans l’opposition. D’autres partis ont gouverné et sont restés au gouvernement. Le parti principal qui a gagné les élections gouverne aujourd’hui avec ces derniers.

Cette mixture bizarre ne cesse de nous interpeller quand on les entend tous débattre au Parlement ou à la télévision. Ni les critiques des anciens partis aujourd’hui dans l’opposition, ni les déclarations de leurs anciens amis restés au gouvernement, ne nous satisfont.

Seul le PJD sort du lot. Mais pour combien de temps? Aujourd’hui encore, il peut se prévaloir d’une virginité au gouvernement. Ce qui donne une certaine crédibilité aux actions qu’il a menées ou essayer jusque là de mener. Sa capacité d’adaptation aux situations semble sans limites. Benkirane l’a dit et redit. Il ne compte pas gouverner sans le Roi, chef de l’Etat qui arbitre et oriente. Rappelé à l’ordre dans l’affaire des cahiers des charges de l’audiovisuel, il accepte rapidement les observations royales et engage une procédure de révision. Pas question de négocier les 37 postes de hauts responsables relevant directement du conseil des ministres, il est fier d’afficher les 1.181 réservés au Conseil du gouvernement, sans se soucier  un seul instant des qualités et importances des uns et des autres.

De la même façon qu’ils avaient affiché, au départ, leur conception de l’audiovisuel, les ministres Pjidistes affirment clairement leur position sur les diplômés chômeurs, leur façon de collaborer avec l’opposition ou la société civile, et n’hésitent pas à interpeller la police sur la torture. Ils agissent sans attendre de feu vert préalable.

Maintenant, l’opposition et la société civile réclament le droit de discussion des décisions du gouvernement conformément à la nouvelle Constitution. Le PJD leur répond à chaque fois que la coalition au gouvernement est majoritaire et a le droit de prendre la décision finale qui lui convient.

Dans un proche avenir, on aura encore besoin d’une intervention royale pour expliquer à ceux qui gouvernent que la démocratie ne doit pas se résoudre à une dictature de la majorité sur les minorités. Ce n’est pas parce qu’on est majoritaire qu’on a forcément raison.

Abdelhaq Sedrati


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