Edito: Subvention de la presse
Un lobby entre amis

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La Fédération Marocaine des Médias (FMM) demande dans un communiqué à ce que le principe de la reddition des comptes prévu dans la Constitution soit appliqué à la commission qui a géré les subventions accordées à la presse écrite. Ce sont en effet environ 250 à 300 millions de dirhams qui ont été versés à divers organes de presse, tout en en excluant beaucoup d’autres.

Déjà de par sa constitution et son fonctionnement, cette commission issue du contrat programme signé entre quelques organes de presse et le ministère de la communication, avait clairement affiché son intention de limiter ces subventions à quelques heureux élus de leur choix.

Nous n’arrêterons jamais de dénoncer dans cette colonne les critères arbitraires qui ont été mis en place pour arrêter les conditions d'éligibilité à la subvention de l’État. Le premier critère scandaleux est d’avoir imposé une période de 24 mois d’existence à tout nouveau titre pour avoir le droit d’en bénéficier, alors que tout le monde sait que le secteur de la presse est hautement déficitaire les premières années.

Toute association qui se respecte cherche à favoriser les créations, l’innovation, les nouveaux investissements, les jeunes promoteurs. Le contrat programme signé par la FMEJ (Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux) et l’État n’a cherché lui, qu’à leur fermer la porte. Ainsi selon eux, seuls ceux qui ont les reins solides pour résister à deux ans de galère dans la publication d’un journal, auront droit à l’aide. En somme, on affirme haut et fort que l’aide ne doit être donnée qu’à ceux qui ont des moyens.

D’autres critères n'étaient tout simplement pas remplis par la majorité des journaux qui avaient la chance d’avoir dépassé les 24 mois. Qui d’entre vous a déjà vu la publication des comptes des organes de presse? Pourtant c’est une condition obligatoire pour bénéficier de l’aide de l’État. Mais la commission chargée d’étudier les demandes pouvait vous exclure pour un critère non satisfait et être indulgente avec un autre support qui ne remplit pas d’autres critères, comme on dit “à la tête du client”.

Cour des comptes, où êtes-vous? Pourquoi ne vous inquiétez-vous pas des procédures qui ont été appliquées à la distribution de cette aide de l’État ?

Abdelhaq Sedrati

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