Edito
Désespoir et doute dans la communauté palestinienne
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Yossi Beilin, ancien ministre de la Justice d'Israël, co président du comité de suivi de l'initiative de Genève. /DR
L’initiative de Genève pour un plan de paix en Palestine a été lancée en 2003 par d’anciens négociateurs israéliens et palestiniens. Les principaux artisans de cet accord sont Yasser Abd Rabbo et Yossei Beilin. De nombreux membres de la Knesset et des personnalités internationales soutiennent les propositions de partage proposées, dans le cadre de cette initiative, pour la création de deux Etats en Palestine.
Selon le journal Haaretz lundi, une délégation conduite par Yossei Beilin a rendu visite à l’Autorité palestinienne. Le désespoir n’a jamais été aussi grand à Ramallah. Il se lisait sur tous les visages. La tentative d’Abbas, l’an dernier auprès du conseil de sécurité de l'Onu, a échoué et la nouvelle engagée cette année à l’Assemblée générale, ne suscite pas un grand intérêt au niveau international. Le 27 septembre dernier, c’est devant une salle à moitié vide qu’Abbas a fait sa demande.
De nombreux citoyens palestiniens ne croient plus au processus de paix. Face à la crise économique, ils orientent plutôt leur colère contre Abbas et son Premier ministre, Salam Fayyad. Les Palestiniens savent aussi que dans cette période électorale en Israël, leur cause n’intéresse pas le public israélien.
Yasser Abd Rabbo, secrétaire général de l’OLP déclare qu’il n’a jamais ressenti autant de désespoir dans la population palestinienne. “Quand j’évoque la solution de deux Etats, les gens me regardent comme si j’étais devenu fou”, affirme-t-il à Barak David, journaliste de Haaretz.
Saeb Erekat témoigne aussi du même sentiment, il aurait même proposé à Mahmoud Abbas de remettre les clés de l’Autorité palestinienne de Ramallah à Netanyahou. Selon lui, le gouvernement palestinien est brisé, autant le dire officiellement.
Mahmoud Abbas n’attend plus rien de Netanyahou; il le tient pour responsable de la destruction de la solution de deux Etats. Selon Abbas, aujourd’hui il y a de plus en plus de Palestiniens qui parlent d’un seul Etat pour tous.
S’il obtient le statut d’observateur à l’Assemblée générale de l’ONU, Abbas est prêt à reprendre les négociations sans conditions préalables...

