Edito
Dévaluation, une mesure incontournable

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Il est évident que la valeur du dirham n’est pas celle fixée par Bank Al Maghrib. La valeur d’une monnaie est déterminée par le marché de la demande et de l’offre.

La demande sur le dirham correspond au montant total des flux entrants de devises, soit le montant des exportations de biens et services, des investissements étrangers, des recettes du tourisme et des transferts de MRE. L’offre est constituée de la valeur des importations et des divers transferts vers l’étranger.

L’offre étant aujourd'hui 50% plus élevée que la demande, dans un marché flexible et libre, le dirham connaîtrait une dégringolade certaine.

Si la dévaluation est considérée comme la capitulation d’une économie, il ne s'agit pourtant que d’un acte de gestion qui permet de réguler les flux entre l’argent qui sort et l’argent qui rentre. Ces flux seront jugulés en partie par une révision des conditions de nos importations et de nos exportations, en réduisant les unes et en essayant de stimuler les autres. Mais croire qu’on pourra récupérer tout le gap du déséquilibre entre l’offre et la demande de notre monnaie, est simplement illusoire.

Adil Douiri a émis cette hypothèse lors de la journée d’études organisée samedi par l’Alliance des économistes de l’Istiqlal, en expliquant qu'un glissement de 15% du dirham serait le bienvenu.

Certes, l’actuel gouvernement pourrait s’entêter afin de terminer son mandat sans procéder à une dévaluation. L’endettement souverain du Maroc, les promesses d’aides du Conseil du Golfe arabique de 5 milliards de dollars et les aides prévues par le G8, lui permettraient d’y parvenir. Ce sera toutefois laisser à ses successeurs une forte dette publique souveraine en 2016, qui dépasserait les 65 à 70% du PIB.

Une méthode bien plus citoyenne consisterait à prendre, dès maintenant, les mesures nécessaires pour rétablir les équilibres structurels du pays, au niveau de la balance des paiements et du déficit budgétaire. Notre activité aujourd’hui engendre chaque année un besoin de financement de l’ordre de 50 à 60 milliards de dirhams. Sans une création de richesse d'égale importance, on ne fait que creuser tous les déficits.

Abdelhaq Sedrati

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