L'hydre de la corruption

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Projet de loi pour la protection des témoins de la corruption. /caricature - aufait
Projet de loi pour la protection des témoins de la corruption. /caricature - aufait
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Telle une métastase, elle touche et s'étend à l'ensemble du corps social qui s'en trouve largement gangrené. Vous l'aurez deviné, il s'agit d'un de nos sports favoris, la corruption.

“Al fassad”; “quhiwa”; “tadwira”; “gamila”; “halawa”..., les mots pour désigner ce cancer social sont légion. Et les exemples de corruption sont devenus tellement nombreux qu'on en est arrivé à banaliser l'acte: tout le monde y a recours, s'entend-on répondre, comme s'il fallait pour autant s'en résigner!

Parmi les cas de corruption les plus médiatisés, il y a l'affaire des gendarmes pris en flagrant délit à Targuist (dans le Rif) et dont la vidéo avait fait le tour de la toile.

Plus récemment, le 17 janvier courant, la presse nationale a fait état de l'arrestation d'un substitut du procureur de Tanger. Ce dernier aurait été appréhendé au moment de recevoir la rondelette somme de 250.000 dirhams de la part d'un investisseur britannique d'origine tunisienne. Mêlé à un litige relatif à un projet hôtelier, ledit investisseur espérait ainsi s'en sortir.

Alors que cette affaire n'est pas encore élucidée (elle est entre les mains du juge d'instruction de la Cour d'appel de Tanger), un autre cas de corruption a été relevé récemment. Il concerne cette fois le ministère des Habous, où lors de l'examen de fin d'année 2011, un fonctionnaire du centre de formation des imams et des mourchidates a dévoilé les épreuves à des étudiants moyennant une contrepartie financière. Sous la menace d'étudiants mécontents, il est passé aux aveux.

Voilà ce qui donne une idée de l'ampleur prise par la corruption dans notre pays. Et la situation est d'autant plus préoccupante que les politiques publiques en la matière restent impuissantes...

En sollicitant le suffrage des Marocains lors des dernières législatives, Benkirane et le PJD avaient fait de la lutte contre la corruption l'un de leurs chevaux de bataille. Face à cette promesse électorale, beaucoup ont sûrement chuchoté ceci: “bof, ils n'y pourront absolument rien”. C'est cette attitude défaitiste, de résignation qu'il faut commencer par combattre pour y arriver. Ensemble!

Bassirou BA

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