Edito
La rentrée syndicale
Dernière mise à jour :
Des ouvriers indépendants demandent la levée d'un piquet de grève qui les empêche de rejoindre leur travail. /DR
25.231 délégués du personnel ont été élus en 2009, 7.168 dans la fonction publique et 18.063 dans le secteur privé. La majorité de ces délégués, soit 54% n’appartiennent à aucun Syndicat. Le Code du travail précise dans son article 425 que les syndicats dits représentatifs, doivent avoir plus de 6% de membres parmi les délégués.
L’UMT vient en tête avec 13,4%, suivi de la CDT avec 11,4%, la FDT avec 7% et l’UGTM avec 6,5%. Normalement, ce sont ces quatre syndicats qui doivent représenter les salariés dans le dialogue social, le Conseil Economique et la délégation qui représente le Maroc au Bureau international du Travail. Une autre clause est encore plus sévère dans l’article 425: il s'agit de la condition qui impose à un syndicat d’être indépendant pour pouvoir obtenir le statut de représentatif.
Or nous savons très bien que ni l’UGTM, ni la CDT ni la FDT ne sont indépendants. Logiquement et suivant nos lois, seul l’UMT serait habilité à mener le dialogue social et à représenter le pays au BIT. Le problème est encore plus épineux pour le syndicat UNTM de Mohammed Hatim. Ce n’est pas un syndicat indépendant car issu du PJD, et lors des élections des représentants des salariés il n'a obtenu que 4,9% des membres.
L’autre petit problème correspond aux 54% de délégués élus qui ne sont représentés nulle part, ni dans le dialogue social, ni dans les organisations internationales. Personne n’a à ce jour cherché à leur donner une place pour les écouter.
Aujourd’hui on retrouve au gouvernement le PPS, l’Istiqlal et le PJD tout trois proches respectivement de l’UMT, l’UGTM et l’UNTM. Les syndicats importants restants sont la CDT et la FDT plus proches de l’USFP, donc de l’opposition. Malgré les déclarations des secrétaires généraux sur leur indépendance, on verra certainement des mouvements sociaux qui reflètent les oppositions politiques. Le prochain round du dialogue social ne sera pas facile pour le PJD. Les réunions devraient commencer fin février.


