Edito: Société civile
Un monde à part

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Avec le pouvoir royal, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire, la société civile est le cinquième pilier de la nation consacré par la nouvelle Constitution. L’article 13 dit explicitement que l’état doit créer des instances de concertation en vue d’associer les divers acteurs sociaux à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques. Dans l’article 15, il est dit que les citoyennes et les citoyens disposent du droit de présenter des pétitions aux pouvoirs publics. Une loi organique détermine les conditions et les modalités d’exercice de ce droit.

Certainement pour tenir compte de ces nouvelles dispositions, le PJD a ajouté au ministre Lahbib Choubani chargé des relations avec le Parlement la mission de gérer aussi la relation avec la société civile. Sachant que ce secteur a proliféré depuis les années 90 en passant de moins de 10.000 associations à plus de 50.000 suivant les estimations peu précises que nous entendons, nous souhaitons beaucoup de courage à M. Choubani pour traiter avec tout ce monde.

La première chose serait de lancer d’abord une étude pour identifier le monde associatif secteur par secteur. A ce jour, nous ne disposons pas de statistiques exhaustives pour le caractériser. Même l’Agence de Développement social créée au niveau du premier ministre est difficile à cerner. Sur son site web, on défie quiconque d’essayer de savoir quels sont les budgets alloués, le montant des fonds qui aboutissent finalement chez les citoyens et les fonds consommés par le fonctionnement de cette administration. On y trouve un camembert bizarre qui nous dit que depuis 10 ans, cette agence a traité 3227 dossiers dont 27% ont été annulés, 15% rejetés et seulement 6% achevés.

Quand on pense à tous les clientélismes et autres défauts de fonctionnement qui peuvent être cachés derrière de telles agences chargées de distribuer des fonds à divers projets, le gouvernement a intérêt à tout de suite auditer tout ce beau monde, secteurs privé et public, afin d’identifier exactement quelle est l’aide réelle qui parvient aux citoyens nécessiteux. Il y aura beaucoup de surprises. La loi organique prévue par la Constitution ne pourra être élaborée qu'une fois la situation bien évaluée. Bon courage, M. Choubani.

Abdelhaq Sedrati

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