Hommage à feu Mohamed Sousdi
Une boule de feu s'est éteinte
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Feu Mohamed Sousdi (en haut) avec son bendir, et feu Mohamed Rouicha (en bas) qui ne quittait jamais son loutar.
Certains l'appelaient “La voix miraculeuse”, d'autres le surnommaient “la boule de feu”. Il était tout cela à la fois. Mais bien plus que tous ces qualificatifs, Mohamed Sousdi, l'une des voix du groupe mythique “Lemchaheb”, décédé lundi à Casablanca à l'âge de 60 ans, était la voix du peuple.
Un peuple dont il connaissait les rêves les plus intimes, les aspirations profondes que lui et ses compères de Lemchaheb ont su traduire, souvent dans des chansons que l'on peut aujourd'hui qualifier de prémonitoires.
Tenez, tout le monde parle aujourd'hui de “printemps arabe”, de “réveil arabe”... mais rares sont les personnes qui peuvent se targuer d'avoir prévu ces bouleversements. Parce que les peuples de notre région ont tellement été réprimés qu'on les croyait complètement anéantis, et donc incapables de se relever et de prendre un jour leur destin en main.
Et pourtant, déjà dans les années 1970, Mohamed Sousdi, Mohammed Batma et Moulay Chérif Lamrani (tous les trois décédés) parlaient déjà de printemps arabe via la chanson Majmâa Al Arab.
“Nous étions capables de soulever des sujets que même les partis politiques évitaient. Mais notre objectif n’a jamais été purement politique, notre but était de défendre les valeurs de l’humain tout en exprimant en premier lieu, l'amour de l’art et de la beauté”, racontait récemment Sousdi.
Voilà (entre autres) la raison pour laquelle on disait du défunt qu'il était une voix dont le chant dessinait les rêves de la génération révolutionnaire des années 70...
Au moment où ces lignes sont écrites, et alors que les mélomanes pleurent la mort de Mohamed Sousdi, on apprend le décès d'une autre icône de la chanson marocaine et amazigh: Mohamed Rouicha.
Grand spécialiste du loutar, cet oud rustique qui ne le quittait pas, et des mélopées berbères, Mohamed Rouicha s'est éteint mardi à Khénifra, à l'âge de 62 ans.
Que tous deux reposent en paix. Car leurs œuvres, intemporelles, sont là pour perpétuer leur souvenir!


