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Le nouveau Premier espagnol, Mariano Rajoy.
Le nouveau Premier espagnol, Mariano Rajoy.
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Compte tenu des antécédents, le Maroc a sans doute accueilli l'arrivée de la droite au pouvoir en Espagne avec circonspection, et donc avec beaucoup moins de réjouissance.

Revenant sur les rapports difficiles que Rabat a entretenus par le passé avec le Parti populaire (PP), notamment sous José Maria Aznar, Ignacio Cembrero, journaliste à El Pais et auteur en 2006 de Vecinos alejados (Voisins lointains) - un ouvrage consacré aux relations maroco-espagnoles - , avait estimé dans un entretien qu'il nous avait accordé que pour le PP, “le Maroc est un partenaire important mais pas une priorité”.

Et Cembrero d'ajouter que le PP consacrerait donc moins d’efforts que les socialistes à entretenir une relation cordiale avec le Maroc, et qu'il se ferait moins souvent l’avocat des intérêts marocains au sein de l’Union Européenne ou des instances internationales...

A l'opposé de Cembrero, d'autres analystes comme l'universitaire Bernabe Lopez Garcia, pensent que l'arrivée des conservateurs au palais de la Moncloa à Madrid, ne changerait pas fondamentalement la donne politique entre le Maroc et l'Espagne. Car le contexte international actuel (“printemps arabe” notamment) obligerait ces derniers à garder des relations de bon voisinage avec Rabat.

En tout cas, après avoir tenu des propos moins rassurants, notamment au sujet des présides de Sebta et Melilia sur lesquels il avait promis de renforcer l'emprise de l'Espagne; et après avoir laissé entendre qu'il dérogerait à la tradition instaurée par le socialiste Felipe Gonzales et qui consiste pour un Premier ministre espagnol à réserver sa première visite officielle au Maroc, Rajoy semble avoir mis de l'eau dans son vin.

Le nouveau chef du gouvernement espagnol vient en effet de déclarer à l'agence EFE qu'il se rendrait “très prochainement” en visite officielle au Maroc, dans le cadre de son premier déplacement à l'étranger.

Voilà qui semble augurer d'un changement de stratégie de la part de la droite espagnole - confrontée à une profonde crise économique - à l'égard du Maroc, ou s'agit-il d'une supercherie?

Parlant des relations entre les deux royaumes, le nouveau ministre marocain des Affaires étrangères, Saâdeddine El Othmani a déclaré récemment que s’il n’est pas possible de changer l’histoire et la géographie, en revanche les comportements, les relations de bon voisinage et les liens d’amitié peuvent être modifiés en instaurant une politique de dialogue et de concertation.

Cette vision devrait également servir de bréviaire à la partie espagnole, car Rabat et Madrid ont intérêt à “créer un matelas d'intérêts partagés” au regard de leur “héritage et destin communs”.

Bassirou BA

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