L'invité
Boualem a décidé d'être sérieux

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Zakaria Boualem: "Ne me dites pas que vous enregistrez tout ce que je dis..."
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Zakaria: "Qu'est ce qui vous dit que c'est moi la caricature..."
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D’après Paul le poulpe, le “oui” sortira vainqueur des urnes. Le brillant octopode, qui avait pronostiqué les résultats de la coupe du monde l’an dernier, avait le choix entre deux boîtes pour exprimer sa prophétie. Les deux boîtes étaient estampillées “oui”...

Ce sera donc “oui”, avec un point d’exclamation! J’en tire une impression de gâchis, d'essai non transformé. Les jeunes du 20 février ont osé poser un débat sur la place publique. Ils ont ouvert une porte qu’on croyait scellée. Au lieu de s’y engouffrer pour y apporter leur contribution, la plupart des démocrates de notre pays se sont mis à dévisager le portier. Ils l’ont jugé louche, manquant de maturité, de finesse politique. Comme si des gens matures auraient osé sortir ce fameux 20 février pluvieux…Comme si, dans une société aussi diverse que la nôtre, il n’y avait pas de place pour des rêveurs, des utopistes, et – pourquoi pas-, des nihilistes. Ce sont souvent eux qui, en plaçant la barre très haut, font avancer les choses.

Chez nous, la masse des gens qui ne font rien exige de ceux qui font quelque chose qu’ils en fassent plus, ou mieux, qu’ils fassent tout… Rappelons que l’immense majorité des gens qui se réjouissent aujourd’hui de la nouvelle constitution, partis politiques en tête, s’étaient bien sûr abstenus de demander une réforme. Ils étaient contents avant, ils sont contents aujourd’hui. Hamdoulillah.

Mais le Maroc d’aujourd’hui n’est pas le Maroc d'il y a six mois. La libération de la parole est spectaculaire, et sans doute irréversible. Les Marocains sont de plus en plus nombreux à réclamer de nos gouvernants un minimum de respect. La campagne pour le “oui”, qui a réquisitionné les moyens de l’État et utilisé les mosquées comme salle de meeting, a confirmé que ce respect n’était pas à l’ordre du jour dans leurs esprits.

Combien sommes-nous à estimer que nous méritons mieux? Personne ne peut citer de chiffre, mais tout le monde sait qu’il va en grandissant. Et merci!

Bio Express

Zakaria Boualem est né en 1976 à Guercif. Marocain à tendance paranoïaque, il est le héros principal d'une chronique hebdomadaire sur le magazine Telquel écrite par Réda Allali. Râleur patenté, il est connu pour son adoration pour le football en général et l'équipe du Raja en particulier.

Zakaria Boualem

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