Dernière mise à jour :

Billet
Tout sauf le crédit bancaire

Le siège à Rabat de Bank al Maghrib./DR
Le siège à Rabat de Bank al Maghrib./DR
Agrandir

La Petite et Moyenne Entreprise a encore bien du mal à montrer ce qu’elle a dans le ventre. Pourtant, dirait-on, le gouvernement ne cesse de renforcer les moyens pour améliorer la compétitivité de ces entreprises, qui représentent plus de 90% du tissu économique marocain.

Des programmes comme Moussanada, Imtiaz ou encore la plateforme de rating, qui ont été développés par l’Etat, les banques et le privé (représenté par la CGEM), ont engagé un budget de 2 milliards DH pour renforcer “la compétitivité des PME”.

Quelle belle initiative… Tout laisse croire que désormais, l’entrepreneur marocain n’a plus à se soucier des risques et faiblesses de son environnement économique.

Pourtant, en se référant aux faits, ces programmes tant exaltés par les décideurs politiques passent à côté de la plaque, le gros trou noir étant celui du financement.

Ce tissu économique est encore bien fragile, fragmenté et figé, parce que tout simplement, et comme le martèle un document de 127 pages publié par le Forum Euroméditerranéen des Instituts des Sciences Economiques (lire page 4), les entreprises ont de très grosses difficultés à bénéficier d’un crédit.

Comment peut-on espérer renforcer la compétitivité, voire la productivité des PME, si les banques ne prêtent qu’aux entreprises qui ont une très forte solvabilité ou qui ont un fort pouvoir de lobbying? Les banques sont censées garantir plus d'objectivité dans l’étude de solvabilité des demandeurs de crédits. Malheureusement la plupart des entrepreneurs marocains n'arrivent pas à obtenir en toute transparence les raisons des rejets de leur demande de financement.

Ce manque de transparence impacte énormément la compétitivité des PME. N’oublions pas, par ailleurs, que malgré tous ces programmes, budgets “colossaux”, plans et actions tripartites, si vous voulez bénéficier d’un crédit pour concrétiser une affaire, vous devrez hypothéquer vos biens mobiliers et immobiliers!

Finalement, il ne sert à rien de multiplier les lignes de crédits de plusieurs centaines millions de dirhams destinés à aider les PME si on ne s'attaque pas à trouver des solutions à leur manque de solvabilité auprès des banques.

Hayin Fadi

L'équipe de aufait accueille vos commentaires avec enthousiasme, et s'engage à respecter votre liberté d'expression. Par contre, afin d'éviter les abus et les contenus offensants, seuls les commentaires validés par notre équipe rédactionnelle seront publiés. Vous êtes priés de respecter la netiquette.

Vous avez droit à votre opinion, respectez donc celle des autres ! Merci.







وجهة نظر، وجهات نظر أخر الأخبار العربية بالراي والتحليل