Dernière mise à jour :
Travail domestique au Liban
Cèdre du Liban ou cèdre de l’Atlas ?
Au Liban, les magnifiques branchages du cèdre étalés à l’horizontale ne cachent pas seulement les violents déchirements d’un pays qui n’en finit pas de se construire, ni les agressions à répétition de l’armée israélienne. Même face à cette violence endémique, les cimes toujours verdoyantes de ce conifère peinent à dissimuler un autre malheur, à peine perceptible dans le reste du monde.
Au pays de la gastronomie raffinée, elles seraient 200.000 femmes de ménage, selon le rapport 2010 de l'Ong Human Rights Watch, dont beaucoup subissent des traitements selon le menu classique réservé à cette catégorie d’employées: séquestration, confiscation du passeport, salaires non versés, violences corporelles, viols… Avec en prime cependant une touche bien libanaise.
Lorsque les bombardiers de Tsahal répondent aux roquettes du Hezbollah ou du Hamas voisin (et vice versa), les télés du monde diffusent des images montrant des familles libanaises fuir la pluie d’acier qui leur tombe sur la tête. Et comme l’on est par atavisme du côté du plus faible, ces familles à la recherche d’un abri nous paraissent être les seules victimes de la folie des hommes. Mais ce qu’aucune caméra n’a pu filmer, ce sont ces jeunes domestiques, Philippines et Ethiopiennes pour la plupart, enfermées pendant les bombardements et empêchées de fuir les maisons de ces mêmes familles qui ne sont autres que leurs employeurs.
Le reportage diffusé dans la soirée du 6 septembre par TV5 montrait le témoignage de ces jeunes filles auxquelles on a refusé une place dans un abri car jugées, à l'évidence, pas suffisamment humaines.
Devons-nous nous féliciter qu’à l’ombre de notre cèdre de l’Atlas de tels drames ne se déroulent pas, les nôtres nous suffisant amplement? Ou bien devons-nous nous féliciter que la seule chose qui nous tombe sur la tête ne soit que de la pluie? Car l’être humain peut, parfois, se surprendre par sa propre férocité.



