Des ONGs algériennes et internationales dénoncent "les violations aux libertés fondamentales et aux droits humains" en Algérie

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Des ONGs algériennes et internationales et un syndicat autonome ont interpelé le public algérien ainsi que les observateurs internationaux présents en Algérie dans le cadre des élections législatives, sur les nouvelles lois adoptées en Algérie et "les violations aux libertés fondamentales et aux droits humains qui s'intensifient en Algérie".

Dans un rapport conjoint rendu public jeudi par le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme (REMDH), le Collectif des Familles des Disparus en Algérie (CFDA), la Ligue Algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH) et le Syndicat National du Personnel Autonome de l'Administration Publique en Algérie (SNAPAP), ces organisations "dénoncent fermement le décalage entre les annonces officielles et les pratiques répressives auxquelles les autorités algériennes ont recours".

Ces ONGs notent que les lois, "adoptées en janvier 2012 en Algérie dans le cadre des prétendues réformes politiques, marquent une régression notable en matière des libertés fondamentales et ce en violation flagrante des engagements internationaux pris par l'Algérie".

"A l'heure où l'échéance électorale du 10 mai 2012 est l'objet de toutes les attentions (...)", souligne le rapport, "l'adoption des nouvelles lois est en réalité devenue pour le pouvoir algérien une occasion de maîtriser davantage la société civile et le champ politique et un moyen de renforcer le contrôle de la société algérienne dans son ensemble".

Le rapport porte sur la loi relative au régime électoral, la loi fixant les modalités augmentant les chances d'accès de la femme à la représentation dans les assemblées élues et la loi relative aux partis politiques, à l'information et aux associations.

"Alors que des observateurs internationaux sont déjà présents dans le pays ? à l'invitation des autorités algériennes ? dans le cadre d'une mission d'observation électorale, la répression policière et les entraves à la liberté d'expression et de manifestation s'intensifient en Algérie. Malgré la levée de l'état d'urgence, l'interdiction de marches pacifiques ou toute forme de manifestation publique à Alger reste en vigueur", dénoncent ces ONGs.

Le rapport relève, en outre, qu'"un important dispositif policier est régulièrement déployé à Alger comme dans d'autres villes pour empêcher les citoyens de manifester. Certains d'entre eux sont également arrêtés arbitrairement et retenus pour plusieurs heures dans les commissariats pour la seule raison d'avoir librement exprimé leurs opinions sur la voie publique".

Il rappelle dans ce sens "la répression", le 14 avril, à la veille de l'ouverture de la campagne électorale, d'un rassemblement pacifique à l'initiative des militants du Mouvement des Jeunes Indépendants pour le Changement (MJIC), appelant au boycott des élections.

"Un des responsables du mouvement, Abdou Bendjoudi, a même été agressé par un agent de police à l'intérieur de la camionnette avant d'être embarqué au commissariat avec 24 militants d'autres organisations, notamment SOS Disparus, parmi lesquels Fatima Yous 78 ans, Djedjigua Cherguit, 72 ans, Hacene Ferhati e Slimane Hamitouche", déplore le rapport.

"De la même manière, les militants des syndicats autonomes font face au mépris, aux menaces et aux représailles de l'administration en raison de leur activité syndicale, et sont sérieusement entravés dans leur exercice du droit de grève et de rassemblement, notamment en période électorale, comme dernièrement la Fédération nationale du secteur de la justice et des enseignants, tout comme le Comité national des travailleurs du pré-emploi et du filet social et le Comité national pour la défense des droits des chômeurs algériens, affiliés au SNAPAP, qui revendiquent leur droit à un travail digne", lit-on dans le document.

MAP


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