Algérie: l'installation de la nouvelle Assemblée perturbée par les islamistes

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Des membre de l'Alliance de l'Algérie Verte brandissent des pancarte ""Non à la fraude" lors de la session de la nouvelle Assemblée nationale le 26 mai 2012 à Alger
Des membre de l'Alliance de l'Algérie Verte brandissent des pancarte ""Non à la fraude" lors de la session de la nouvelle Assemblée nationale le 26 mai 2012 à Alger
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Un membre de l'Alliance de l'Algérie Verte brandit une pancarte ""Non à la fraude" lors de la session de la nouvelle Assemblée nationale le 26 mai 2012 à Alger
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La nouvelle Assemblée nationale à Alger le 26 mai 2012
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La nouvelle Assemblée nationale algérienne a connu samedi une première session mouvementée avec le boycott d'élus islamistes mécontents du scrutin du 10 mai, puis de l'opposition à l'élection de son président.

Larbi Ould Khelifa, membre du parti présidentiel vainqueur, le Front de Libération nationale (FLN), était seul en lice et a été élu à main levée.

Considéré comme consensuel, cet homme de 74 ans et doyen des élus a logiquement obtenu le soutien du FLN (208 sièges) mais aussi celui du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia pour son mandat de cinq ans.

Membre du gouvernement dans les années 80, plusieurs fois ambassadeur et président du Haut conseil de la langue arabe, Larbi Ould Khelifa, originaire de Bejaïa (250 km à l'est d'Alger), est désormais le 3e personnage de l'Etat, après le chef de l'Etat et le président du Conseil de la Nation (Sénat).

La séance des 462 élus a été perturbée par les 49 islamistes de l'Alliance de l'Algérie Verte (AVV) qui ont quitté l'hémicycle à la fin de l'installation de l'ensemble des députés, brandissant des pancartes rouges proclamant "Non à la fraude".

"Nous avons décidé de nous retirer de la première séance de l'Assemblée nationale et de protester officiellement contre les résultats du scrutin", ont-ils précisé dans un communiqué.

L'AVV, regroupant le Mouvement pour la société et la paix (MSP), Ennahda (Renaissance) et le Mouvement El Islah (Réforme), avait annoncé sa victoire avant même les résultats et avait même préparé un gouvernement.

Les islamistes, qui espéraient profiter de la poussée du courant dans les pays du Printemps arabe, n'ont obtenu que 61 sièges.

Pour eux, la nouvelle Assemblée représente un "retour à l'ère du parti unique" du Front de libération nationale (FLN, Présidentiel).

Un gouvernement attendu début juin

Ils ont été suivis par les 28 députés du "Front politique pour la sauvegarde de la démocratie", dont quatre partis islamistes, lancé après la proclamation des résultats pour dénoncer la fraude. Huit des partis membres n'ont remporté aucun siège.

Le mouvement, qui se défend de vouloir "mettre en place un parlement parallèle", est un cadre de réflexion pour 16 chefs de parti. "Le boycottage de l'Assemblée reste une position de principe", a déclaré à l'AFP Lakhdar Benkhelaf, un islamiste du Front pour la justice et le développement (FJD).

"Ce qui s'est passé le 10 mai est une violation caractérisée des garanties de transparence des élections promises par le président Abdelaziz Bouteflika", a-t-il dit.

Au moment de l'élection de M. Ould Khelifa, les 24 députés du Parti des Travailleurs (PT, extrême gauche) de Louisa Hanoune ont à leur tour quitté l'hémicycle, arguant qu'ils n'étaient "pas concernés" par cette élection.

Pour le Front des Forces socialistes (FFS), le plus vieux parti d'opposition du Kabyle Hocine Aït Ahmed, Belkacem Amarouche a également refusé de "cautionner" cette élection "avant l'adoption d'un règlement intérieur".

Pour la première fois, 147 femmes contre 30 précédemment siègent désormais à l'Assemblée en vertu des réformes lancées par le président Bouteflika pour contrer un Printemps arabe en Algérie, alors que le pays avait connu des émeutes et des manifestations l'an dernier.

Par ailleurs, six ministres, démis par M. Bouteflika car leurs mandats étaient devenus incompatibles, siégeaient samedi comme simples députés.

Leurs portefeuilles ont été confiés à six autres personnes en attendant le futur gouvernement, attendu pour la première quinzaine de juin, selon des sources parlementaires.

AFP


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