Torture d'opposants zimbabwéens: réactions contrastées au jugement sud-africain

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Le ministre zimbabwéen de la Justice a dénoncé mercredi la décision de la justice sud-africaine ordonnant l'ouverture d'une enquête sur des accusations de torture d'opposants au président Robert Mugabe, des faits qui se sont produits au Zimbabwe en 2007.

"Cette décision discrédite le système judiciaire sud-africain. Il n'y a aucun détail. (...) Ils auraient dû apporter un compte-rendu détaillé des crimes commis", a déclaré Patrick Chinamasa à la presse gouvernementale zimbabwéenne.

Mardi, un tribunal de Pretoria a sommé le Parquet sud-africain d'ouvrir une enquête sur 17 responsables zimbabwéens accusés de torture, afin qu'ils soient arrêtés et poursuivis s'ils pénètrent en Afrique du Sud.

Ces responsables sont accusés d'avoir torturé en 2007 des dizaines de militants de l'opposition après un raid au siège du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), principale formation opposée au président Mugabe.

Le MDC, dirigé par Morgan Tsvangirai qui est maintenant le Premier ministre d'un fragile gouvernement d'union nationale l'associant au camp Mugabe, a pour sa part salué la décision du tribunal de Pretoria.

"La torture est un instrument barbare pour traiter les questions politiques", a indiqué à l'AFP son porte-parole Nelson Chamisa.

"Pour cette raison, nous souhaitons que tous les habitants du Zimbabwe dont le coeur a été blessé et l'esprit troublé aient droit à une justice réparatrice, et non punitive. (...) Il est extrêmement important que les choses soient discutées, au lieu d'être discrètement écartées", a-t-il dit.

Arguant des obligations de l'Afrique du Sud vis-à-vis de la Cour pénale internationale (CPI), le Centre des litiges d'Afrique australe (SALC) et le Forum des exilés du Zimbabwe (ZEL) avaient saisi la justice sud-africaine.

Le parquet sud-africain a jusqu'à présent refusé d'enquêter sur ces accusations de torture, en raison notamment de préoccupations diplomatiques.

Si le parquet ne fait pas appel, le jugement forcera les autorités sud-africaines à enquêter non seulement au Zimbabwe, mais aussi partout ailleurs dans le monde.

AFP


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