Algérie: les précaires du secteur public menacent de boycotter les élections

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Quelque 200 jeunes, représentants d'un Comité national des Travailleurs en pré-emploi du secteur public, ont menacé dimanche lors d'une manifestation à Alger de boycotter les élections législatives du 10 mai faute de contrats permanents, a constaté une journaliste de l'AFP.

Ces jeunes, qui affirment représenter 600.000 jeunes en pré-emploi dans le pays, protestent également contre l'arrestation et les trois ans de prison réclamés par un juge le 26 avril contre Abdelkader Kherba, un jeune chômeur militant des droits de l'Homme, dont l'état de santé est préoccupant selon des proches.

L'état de santé de M. Kherba, en grève de la faim depuis le 18 avril, est en effet jugé "critique" par les médecins qui le suivent à la prison de haute sécurité de Serkadji, sur les hauteurs d'Alger, a indiqué dimanche son avocat Amine Sidhome à l'AFP.

Les jeunes manifestants, affiliés au Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP), veulent des contrats à durée indéterminée, a précisé la coordinatrice nationale Malika Falil, venue d'Oran, la grande ville de l'ouest algérien.

"Si nos revendications ne sont pas satisfaites et qu'on ne libère pas Abdelkader Kherba, nous appelons à ne pas voter et nous irons manifester ce jour-là, partout dans le pays", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Elle a expliqué que ces jeunes se voient proposer des contrats dans le secteur public pour deux à trois ans, ce qui permet un peu d'enrayer le chômage, et qu'on leur fait "miroiter un contrat en bonne et due forme pour la suite. Dans les faits, on nous exploite à mort et ensuite on redevient chômeurs", a-t-elle affirmé.

Le taux de chômage des jeunes est de 21% en Algérie selon le dernier rapport du FMI, alors que plus des deux-tiers de la population sont âgés de moins de 35 ans.

Aux cris de "Y en a marre de l'injustice, du régionalisme, du piston, de la marginalisation, y en a marre de Tayeb Louh (ministre du Travail et de la sécurité sociale)", les jeunes ont défilé sur la place pour la seconde fois, après un premier mouvement le 25 mars dernier.

"Boutef (le président Abdelaziz Bouteflika), écoute-nous: le travail est un droit, ce n'est pas un service que tu nous rends", scandaient-ils aussi.

Le 10 mai, les quelque 21 millions d'électeurs algériens sont appelés à élire 462 députés, après des réformes lancées par la présidence de la république.

AFP


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