Le président sud-soudanais écourte sa visite en Chine en raison de l'escalade des combats

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Le président du Soudan du Sud Salva Kiir, actuellement à Pékin, va écourter sa visite en Chine alors que des combats opposent son pays au Soudan, a annoncé mercredi le président de l'Assemblée nationale populaire, Wu Bangguo.

"Il est regrettable que vous deviez écourter votre visite en Chine en raison de problèmes intérieurs", a déclaré M. Wu en recevant M. Kiir, peu après que le ministère chinois des Affaires étrangères eut indiqué que le chef de l'Etat sud-soudanais avait annulé une visite prévue à Shanghai.

"Le président Kiir a annulé son voyage à Shanghai", avait déclaré Liu Weimin, porte-parole de la diplomatie chinoise, sans préciser les raisons de cette annulation.

M. Liu a ajouté que l'émissaire spécial de Pékin pour les affaires africaines, Zhong Jianhua, allait se rendre au Soudan et au Soudan du Sud pour "oeuvrer en faveur des discussions de paix".

Mardi à Pékin, où il était reçu par le président Hu Jintao, M. Kiir avait accusé le régime de Khartoum d'avoir "déclaré la guerre" à son pays.

Le chef d'Etat de la jeune nation -- la partition du Soudan remonte à juillet 2011 -- a aussi inauguré à Pékin la première ambassade du Soudan du Sud.

Pékin a d'importants investissements au Soudan et au Soudan du Sud, qui contraignent le pouvoir chinois à tenter de calmer le jeu entre les parties.

"Le pétrole est sur le plan économique la bouée de sauvetage commune du Soudan et du Soudan du Sud", a répété lundi et mardi M. Liu, alors que Khartoum et Juba fournissent à Pékin environ 5% de ses importations de pétrole.

Dans la nuit de lundi à mardi, les avions soudanais ont pris pour cible les localités sud-soudanaises de Panakwach et Lalop, dans l'Etat d'Unité, a affirmé mardi le gouverneur d'Unité, Taban Deng, à Bentiu, capitale de cet Etat frontalier.

Selon lui, les avions ont aussi visé le poste-frontière de Teshwin, une zone contestée, théâtre d'intenses combats entre les deux armées ces derniers jours.

Les bombardements ont continué jusqu'aux "première heures" mardi, a-t-il ajouté, précisant que les frappes les plus profondes avaient été recensées à environ 25 km de la ligne de front, à la frontière non démarquée entre les deux Soudans.

Khartoum dément systématiquement toute frappe aérienne en territoire sud-soudanais, dont certaines ont pourtant été confirmées par l'ONU et des journalistes.

Selon l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice, ces derniers bombardements ont fait 16 morts et 34 blessés. Elle a dit se baser sur un bilan donné mardi par la Mission de l'ONU au Soudan (MINUS) au cours d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée à ce pays.

Les bombardements ont aussi causé des "dégâts importants" aux infrastructures, notamment les installations pétrolières, a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis ont appelé le Soudan à "cesser immédiatement les bombardements aériens et les tirs d'artillerie au Soudan du Sud", la secrétaire d'Etat Hillary Clinton estimant que Khartoum aurait au contraire dû mettre à profit sa récente reconquête de la zone frontalière contestée de Heglig pour proposer à son voisin sud-soudanais une reprise des négociations.

AFP


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