Des bombardiers soudanais attaquent Bentiu, capitale d'un Etat du Soudan du Sud

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Des avions bombardiers soudanais ont lancé lundi un nouveau raid contre Bentiu, capitale de l'Etat pétrolifère sud-soudanais d'Unité, frontalier du Soudan, a constaté une journaliste de l'AFP.

De fortes explosions ont secoué la localité alors que plusieurs bombes étaient larguées près d'un pont stratégique et d'un marché proche, tuant au moins un enfant, dont le cadavre carbonisé a été vu par cette journaliste.

"Le pont et le marché ont été bombardés (...) nous envoyons une équipe pour vérifier combien de personnes ont été tuées dans ces attaques", a déclaré Mac Paul, le directeur adjoint des services sud-soudanais de renseignement.

Un premier bilan provisoire fait état d'un enfant tué et de trois civils blessés, a-t-il indiqué.

"Ceci est une grave escalade et une violation du territoire du Soudan du Sud (...) je pense qu'il s'agit d'une provocation évidente", a-t-il ajouté.

Les bombes visant le pont, situé sur une route reliant la ville à la frontière avec le Soudan, une soixantaine de km plus au nord, sont tombées tout près de la journaliste de l'AFP qui se trouvait en voiture.

Du marché s'élevaient d'épais nuages de fumée grise, pendant que des civils paniqués couraient près des étals en flammes.

Ce bombardement, le dernier en date sur Bentiu, déjà prise pour cible à plusieurs reprises par l'aviation soudanaise, intervient au lendemain de l'annonce, dimanche, par l'armée sud-soudanaise de son retrait total de la zone pétrolifère d'Heglig, située à la frontière entre les deux Soudans et revendiquée par les deux pays.

C'est la troisième fois que les bombes soudanaises visent Bentiu, déjà bombardée à deux reprises mi-avril, alors que les forces sud-soudanaises occupaient encore Heglig.

A Bentiu, une foule en colère dénonçait bruyamment lundi le fait que les bombardements continuent bien que Juba ait évacué Heglig comme le réclamait la communauté internationale.

Selon les autorités sud-soudanaises, leur armée a achevé samedi matin son retrait total de la zone, dont elle s'était emparée le 10 avril après en avoir chassé les troupes soudanaises.

Juba avait indiqué avoir ordonné ce retrait pour éviter une guerre totale avec Khartoum. Les tensions autour de Heglig laissaient craindre un nouveau conflit entre les deux voisins, qu'ont opposé des décennies de meurtrière guerre civile jusqu'à un accord de paix en 2005 ayant débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

Le Soudan affirme de son côté que son armée a reconquis Heglig, zone stratégique puisqu'elle représente la moitié de sa production de brut depuis que le Soudan du Sud a hérité des trois-quarts des réserves pétrolières du Soudan d'avant la partition.

Les troupes soudanaises "nous ont attaqués hier, et aujourd'hui, ils continuent à nous attaquer. Et ensuite?", s'est insurgé le général Obuto Mamur, un des responsables militaires sud-soudanais dans la zone de Bentiu.

"Nous n'attaquons pas mais nos soldats sont en position", en cas d'attaque du nord, a-t-il déclaré à l'AFP.

Les autorités sud-soudanaises ont affirmé dimanche avoir repoussé une incursion de l'armée soudanaise jusqu'à 10 km à l'intérieur des frontières du Soudan du Sud et indiqué avoir renforcé les troupes sud-soudanaises près de la frontière.

Les tensions n'ont cessé de s'aggraver, depuis l'indépendance du Soudan du Sud, entre Khartoum et Juba, autour notamment des zones frontalières contestées et des revenus du pétrole. Des combats de plus ou moins importante intensité opposent les deux armées depuis fin mars dans la zone de Heglig.

AFP


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