Union africaine
Un nouveau départ sous la férule d'une Sud-africaine
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La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été officiellement investie, lundi, présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), devenant la première femme à occuper ce poste-clé de l'organisation panafricaine. Son arrivée suscite l'espoir de voir le continent renforcer son unité.
Réputée femme à poigne, aux convictions panafricaines forgées par des années de militantisme contre l'apartheid, Nkosazana Dlamini-Zuma, âgée de 63 ans, a pris officiellement hier la tête de la Commission de l'Union africaine, et son arrivée à Addis-Abeba est perçue comme une chance dans les chancelleries et parmi les observateurs.
“Mme Dlamini-Zuma peut faire beaucoup à la tête de l'UA. Elle dispose de l'expérience politique nécessaire pour pouvoir faire un bon travail”, estime ainsi un diplomate du Niger, Abdou Garba.
“Chacun d'entre nous doit commencer à penser africain.”
Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine.
Élue en juillet lors d'un sommet de l'UA, pour quatre ans, cette ex-ministre des Affaires étrangères puis de l'Intérieur d'Afrique du Sud, et ex-femme du président sud-africain Jacob Zuma, avait alors battu le sortant, le Gabonais Jean Ping.
Mais le crédit personnel dont jouit Mme Dlamini-Zuma n'empêche pas les doutes sur une organisation qui peine à coordonner 53 Etats aux profils très hétérogènes et jaloux de leur souveraineté.
“L'UA a fait preuve d'un certain nombre de faiblesses dans beaucoup de dossiers, elle a été peu présente par rapport aux atteintes aux droits de l'Homme, à la démocratie, ou au plan militaire. Est-ce que Mme Dlamini-Zuma va changer la donne et l'UA retrouver une crédibilité? On peut se poser la question”, s'interroge Philippe Hugon, chercheur à l'institut français Iris.
De nombreux dossiers l'attendent
Lors de son investiture, hier, la nouvelle présidente de la Commission a promis de s'attaquer rapidement aux dossier brûlants, comme le Sud-Soudan, la Somalie, ainsi qu'aux violences dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Mais sa priorité est la crise au Mali, avec une réunion à Bamako prévue vendredi.
Évoquant une crise “qui peut s'étendre à la région et au continent”, elle a soutenu une intervention militaire internationale au Mali mais “à condition que cela ne crée pas plus de problèmes qu'il n'y en a déjà”, a t-elle répété, hier.


