Dernière mise à jour :

En Afrique du Sud, "on a peur" des violences xénophobes après le Mondial

Une voiture de police en patrouille dans le township de Tembisa au nord-est de Johannesburg le 15 juillet 2010
Une voiture de police en patrouille dans le township de Tembisa au nord-est de Johannesburg le 15 juillet 2010
Agrandir

Une Zimbabwéenne vend des pattes de poulet sur un petit marché du township de Tembisa au nord-est de Johannesburg le 15 juillet 2010
Une Zimbabwéenne vend des pattes de poulet sur un petit marché du township de Tembisa au nord-est de Johannesburg le 15 juillet 2010
Agrandir
De jeunes hommes sur un marché du township de Tembisa au nord-est de Johannesburg le 15 juillet 2010
De jeunes hommes sur un marché du township de Tembisa au nord-est de Johannesburg le 15 juillet 2010
Agrandir

"C'est calme mais on a peur", lance Patricia dans un bidonville de Johannesburg.

Deux ans après une vague de violences xénophobes contre des immigrés africains, cette Zimbabwéenne a reçu des menaces, tout comme certains de ses amis qui ont fini par fuir l'Afrique du Sud à la fin du Mondial-2010 de football.

"On m'a dit: +tu as une semaine pour dégager, sinon tu verras ce qui va t'arriver", se souvient cette mère de famille dans le township de Tembisa, au nord de la ville.

Depuis mars, les rumeurs d'une nouvelle flambée de violences juste après la Coupe du monde (11 juin-11 juillet) ont parcouru le pays: aggressions et pillages de magasins appartenant à des étrangers ont été rapportés dans la région du Cap, de Johannesburg et le nord-est de l'Afrique du Sud.Le ministre de la Police Nathi Mthethwa s'est dit prêt à intervenir tout en précisant qu'il n'y avait pas de violences xénophobes. Des groupes de jeunes délinquants "profitent des rumeurs", déclare-t-il.

Fuyant autant les auteurs de violences que la police à la chasse aux sans-papiers, des Zimbabwéens, Mozambicains et autres immigrés africains viennent de rentrer chez eux mais aucune donnée n'était disponible sur l'importance de ce phénomène.

"Beaucoup ont fait leurs valises et sont partis durant le week-end de la finale. Ils ont dit qu'ils ne voulaient pas être blessés", témoigne Patience Mathekga, foulard sur la tête.

Cette étudiante de 19 ans vit dans le bidonville de Duduza à Tembisa où les maisonnettes en tôle s'entassent. "On ne va pas les chasser mais on leur a donné du temps pour partir", souligne la jeune femme, à deux pas d'une décharge en plein air.

Face à cette menace, d'autres immigrés ont simplement mis en lieu sûr leurs biens pour éviter de tout perdre comme en mai 2008. Les Sud-Africains pauvres les avaient accusés de voler les emplois et de contribuer à la criminalité. Meurtres, passages à tabac, viols et incendies volontaires avaient fait 62 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Deux ans plus tard, les conditions restent réunies pour une nouvelle explosion: pauvreté, haut niveau d'inégalité sociale, chômage, criminalité.

La seule différence aujourd'hui réside dans la mobilisation des autorités, dont le manque de réaction était assimilé pour certains à un appui tacite.

Le président Jacob Zuma est lui-même monté au créneau. Il a appelé tous les Sud-Africains à "s'unir" avec les étrangers, rappelant le soutien "impressionnant" au Ghana durant le Mondial.

"Cet esprit d'unité africaine, d'amour et d'amitié doit continuer à prévaloir. L'Afrique du Sud fait partie intégrante du continent africain", a-t-il déclaré dimanche pour les 92 ans de Nelson Mandela à Mvezo (sud-est).

Leaders politiques et religieux, syndicalistes ont relayé ce message de tolérance dans les communautés.

"Pendant le Mondial, cela aurait terni l'image du pays", suppose Duncan Breen du Consortium pour les réfugiés et les migrants en Afrique du Sud (Cormsa).

"Il faut cependant rester en alerte rouge pendant quelques semaines et même quelques mois car ça peut exploser à tout moment (...) Nous devons aussi rester vigilants pour les élections locales de 2011", prévient-il.

Le Zimbabwe a de son côté ouvert des abris temporaires pour ses ressortissants qui quittent l'Afrique du Sud, ont déclaré lundi les services de la protection civile.

"On a monté trois grandes tentes à Beitbridge", le principal poste-frontière entre le Zimbabwe et l'Afrique du Sud, et autant "à Plumtree pour ceux qui choisissent de rentrer par le Botswana", a déclaré à l'AFP le chef de ces services, Madzudzo Pawadyira.

"Il y a eu une augmentation du trafic à Beitbrigde, mais cela ne concerne pas que des Zimbabwéens, il y a aussi des Zambiens ou des Malawites", a indiqué M. Pawadyira.

"Nous avons préparé des plans d'urgence en partenariat avec des agences des Nations unies et d'autres ONG" pour réagir en cas de retours massifs, a-t-il ajouté, tout en se voulant rassurant.

"Les autorités sud-africaines nous ont assuré qu'elles allaient contenir ces attaques. C'est encourageant", a-t-il dit.

AFP

L'équipe de aufait accueille vos commentaires avec enthousiasme, et s'engage à respecter votre liberté d'expression. Par contre, afin d'éviter les abus et les contenus offensants, seuls les commentaires validés par notre équipe rédactionnelle seront publiés. Vous êtes priés de respecter la netiquette.

Vous avez droit à votre opinion, respectez donc celle des autres ! Merci.







وجهة نظر، وجهات نظر أخر الأخبار العربية بالراي والتحليل