Le Sida fait des ravages dans les populations carcérales en Afrique de l'Ouest

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La prévalence du VIH-Sida en milieu carcéral dans les pays de l'Afrique de l'Ouest est largement supérieure aux moyennes nationales en raison de la précarité des conditions sanitaires dans ces lieux et l'usage des drogues dures par injection.

Des statistiques révélées lors d'un atelier organisé courant cette semaine à Dakar par la Banque Mondiale et des partenaires locaux impliqués dans la lutte contre le VIH, indiquent que le milieu carcéral dans plusieurs pays de la région de l'Afrique de l'Ouest tend à devenir un "réservoir d'infection et de propagation du Vih/Sida".

Une situation d'autant plus préoccupante en raison d'une quasi-absence de programmes de prévention et de sensibilisation à destination des détenus.

Selon des chiffres annoncés par le Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS-Sénégal), la prévalence du Sida parmi la population carcérale au Sénégal s'élève de 2,7 pc, contre 0,7 pc comme moyenne nationale.

La situation est encore plus inquiétante dans d'autres pays de cette sous région africaine.

Selon le même organisme, la prévalence des séropositifs en milieu carcéral est beaucoup plus élevée dans d'autres pays de la sous-région. L'on précise, à ce sujet, que 14,6 pc des détenus dans les prisons d'Abidjan (Côté d'Ivoire) sont séropositifs.

La transmission de cette maladie se fait essentiellement, selon le CNLS, par voie sexuelle et sanguine. L'organisation de lutte contre la pandémie indique clairement un lien direct entre le VIH-Sida et l'usage des drogues par injections.

Devant une telle situation, le représentant de l'Office des Nations unies contre les drogues et les crimes (ONUDC), Alexandre Schmidt, assure que le combat contre le Sida passe nécessairement par la lutte contre le trafic de drogues dures.

D'après le responsable onusien, l'Afrique de l'Ouest est devenue aujourd'hui une plaque tournante du trafic des drogues dures en provenance de l'Amérique Latine.

Pour la majorité des pays, la prévalence des infections VIH-Sida par injection peut atteindre des taux de plus en plus élevés à court terme, a-t-il prévenu.

Pour le Dr. Cheikhou Sakho, chargé de programme de la Banque mondiale au CNLS, le problème n'est pas isolé derrière les murailles des prisons. Au bout de sa peine, chaque détenu renoue avec la vie sociale et il y'a lieu de s'inquiéter de la progression d'un nouveau facteur de propagation du Sida, a-t-il expliqué.

"Dans le cadre des préventions, il est désormais urgent de prendre en compte la population carcérale afin d'éviter qu'elle ne devienne une population passerelle dans la propagation de la maladie", a-t-il plaidé.

Selon des chiffres communiqués lors de cette rencontre le taux des infections par voie sanguine représente près de 10 pc des séropositifs dans les pays de l'Afrique de l'Ouest. Un chiffre qui pourrait être bien au dessous de la réalité en raison de la fiabilité des statistiques qui sont loin d'être exhaustives, selon plusieurs intervenants à cette rencontre.

aufait/MAP

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