Journée mondiale de lutte contre Alzheimer
Le Maroc a besoin de structures de prise en charge des malades
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Omettre un rendez-vous, oublier le nom de son interlocuteur, être désorienté… Ces trous de mémoire pourraient paraître normaux. On incrimine alors souvent la fatigue ou l’âge qui rendraient la mémoire défaillante. C'est peut-être le cas... Ou pas. Si ce genre de signes persistent, il faut alors penser à faire un diagnostic, et ne pas écarter le risque de contracter une des maladies neurodégénératives, dont la plus répandue est l’Alzheimer.
Ce vendredi, journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer, va mobiliser le corps médical et les familles concernées. Au Maroc, selon Mohamed Ouaddi, président de l'Association Marocaine d'Alzheimer et Maladies Apparentées, (AMAMA), “le nombre de malades est estimé entre 80.000 et 90.000, mais nous n’avons pas encore de chiffre officiel. Nous demandons officiellement aux autorités de s’impliquer afin d’établir les statistiques relatives à cette pathologie mortelle, et sortir cette maladie de l’oubli”.
Prise en charge des malades
Aucune structure de prise en charge des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer n'existe au Maroc, où elle reste aux frais exclusifs de la famille, appelée à se dévouer jour et nuit pour épauler le malade dans son combat.
Or aujourd'hui, bon nombre de personnes atteintes d’Alzheimer, se retrouvent abandonnées par leurs proches, d’où l’obligation de renforcer l’action sociale en leur faveur .
“Il faut initier une politique plus ambitieuse et uniformisée à l’échelle nationale pour lever les obstacles à la prise en charge médico-sociale, psychologique de cette population vulnérable, sachant que la nature des aides et des prestations à apporter à la personne âgée dépend du degré de sa dépendance et de ses besoins particuliers”, a souligné M. Ouaddi.
Pour M. Ouaddi, l'AMAMA, “joue un rôle important mais qui reste limité au soutien moral, faute de moyens financiers”.
Rôle de l’association
Le rôle de l’AMAMA est de sensibiliser, informer, écouter et accompagner. “Nous rêvons un jour d’annoncer l’ouverture de notre premier accueil de jour adapté à nos malades atteints d’Alzheimer”, nous a confié M. Ouaddi.
En outre, l’association effectue des sessions de formation pour apprendre aux aidants à mieux faire face à cette pathologie et pouvoir accompagner le malade au quotidien dans de meilleures conditions en agissant à la fois sur la vie quotidienne du malade et sur la psychologie de l’aidant. En effet, le volet formation est une priorité pour l’AMAMA.
Dans ce cadre “Café Alzheimer” est un concept qui réunit des groupes pour libérer la parole. Ce moment de partage d’expériences entre les aidants leur permet d'établir un constat clair, de se sentir compris et mieux armés pour affronter la maladie qui ronge le cerveau de leur proche.
Opération “Toubk-Al-Zheimer”
L’AMAMA organise du 21 au 23 septembre, au départ de Marrakech, cette opération de sensibilisation contre les dangers de cette maladie.
L'initiative s'insère dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre l'Alzheimer, et verra la participation d'une brochette de médecins, artistes, sportifs, aidants familiaux et acteurs de la société civile du Maroc et de l'étranger, et s'achèvera par un lâcher de ballons, avec des messages écrits par les patients et leurs aidants familiaux.
Appuyée par l'Alzheimer's Disease International (ADI), cette action se propose de sensibiliser l'opinion publique ainsi que la société civile sur les souffrances physiques et psychologiques engendrées, au quotidien, par cette maladie.
A Rabat, une rencontre entre médecins, familles et volontaires, est prévue le samedi 22 septembre à 9h00, à l'hôtel Golden Farah.


