Deux Marocains condamnés pour meurtre en passe d'être réhabilités

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Abdelkader Azzimani et Abderrahim el-Jabri, deux Marocains condamnés pour meurtre en France et qui ont clamé leur innocence durant quinze ans, ont remporté une première victoire en obtenant lundi la saisine de la Cour de révision des condamnations pénales.

Pour les deux hommes de 46 et 47 ans, qui ont écopé de vingt ans de réclusion pour le meurtre en 1997 à Lunel (sud) d'Abdelaziz Jhilal, 22 ans, petit dealer de cannabis, lardé de 108 coups de couteau, cette décision est un premier pas vers l'annulation de leur condamnation et un acquittement.

Ce sera à la Cour de révision, qui se réunira dans les prochains mois, de dire si elle efface le verdict prononcé en 2003 et confirmé en 2004. Si c'est le cas, un autre procès devrait être organisé. Cette procédure extrêmement rare n'a abouti qu'à sept acquittements depuis 1945.

Après avoir plaidé leur cause en vain durant des années, les deux condamnés ont retrouvé l'espoir car les motivations de la Commission de révision, qui agit comme premier filtre avant la Cour de révision, sont sans ambiguïté.

"L'état des investigations exclut toute participation de MM. Azzimani et el-Jabri à la commission du meurtre (...)", écrivent les magistrats.

Ils se fondent sur le spectaculaire rebondissement qu'a connu l'affaire en 2011 avec l'arrestation et la mise en examen pour le meurtre d'un manutentionnaire de 30 ans et d'un directeur de centre de loisirs de 33 ans qui ont disculpé les deux condamnés.

Au départ tout accusait Azzimani et el-Jabri qui avaient été identifiés par un témoin comme les auteurs du crime. Eux-mêmes avaient reconnu avoir été parmi les derniers à rencontrer la victime auquel ils avaient livré cinq kilos de cannabis.

Une série de "miracles", selon leurs avocats, ont ensuite permis aux deux hommes de faire entendre leur voix: le revirement de l'extravagant témoin à charge qui a poussé la justice à rouvrir le dossier en 2009, puis le versement tardif de traces d'ADN figurant dans les scellés au fichier des empreintes génétiques qui a permis de confondre les nouveaux suspects.

"Ils ont souffert de l'opprobre, du mépris, été jetés en pâture comme de vulgaires trafiquants de drogue. C'est maintenant le début d'une ultime bataille pour obtenir l'innocence de deux martyrs", a déclaré à l'AFP leur avocat Luc Abratkiewicz.

C'est tout ce que demandent Abderrahim el-Jabri et Abdelkader Azzimani, qui ont passé respectivement treize et onze ans en prison et confiaient il y a quelques semaines "n'être plus les mêmes qu'avant" la détention.

AFP


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