23% de chômeurs chez les 15-24 ans :L’Afrique du Nord et le défi de l’emploi des jeunes

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Un communiqué conjoint de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de la Banque africaine pour le développement (BAD), rendu public lundi à Tunis, relève que le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) s'est élevé, durant les dix dernières années, à 23% en moyenne en Afrique du Nord. Au Maroc, ce taux est de 17,9% selon le ministère de l’Emploi qui précise toutefois que 80% des chômeurs sont des jeunes.

En marge de la Conférence régionale sur la promotion de l'emploi des jeunes en Afrique du Nord, tenue lundi à Tunis, l’OCDE et la BAD ont révélé que le taux de chômage moyen chez les jeunes de 15-24 ans de la dernière décennie est de 23% dans la région.

L’OCDE et la BAD d’expliquer que la croissance des dix dernières années en Afrique du Nord “n'a pas permis aux pays de la région de créer assez d'emplois pour les jeunes générations”. En réalité, soutiennent les deux organismes, les offres des diplômés ont progressé rapidement ces dernières années, alors que les économies des pays d’Afrique du Nord sont restées centrées sur des activités incapables de fournir de l’emploi correspondant au niveau d’études des lauréats: habillement, mécanique...

Pourtant, la situation de la scolarisation des jeunes de la région représente une aubaine pour le développement économique et social, mais à condition de savoir tirer profit des talents.

“D'après les tendances actuelles, l'éducation des jeunes en nombre d'années de scolarisation progresse plus rapidement que la croissance de la population en Afrique du Nord. C'est une opportunité unique pour le développement économique et social de la région, à condition que l'on tire partie de ces talents, ce réservoir de capital humain en pleine croissance, et qu'on l'oriente vers les secteurs productifs de l'économie.”

Mthuli Ncube, économiste en chef de la BAD.

A dessein, l’OCDE et la BAD suggèrent l’adoption de stratégies de croissance inclusive “plus créatrices d’emplois qualifiés” mais à défaut, elles préconisent le développement du secteur privé, pourvoyeur principal des emplois de demain, à travers les petites et moyennes entreprises. Car selon les deux organismes, la fonction publique est saturée dans la région.

Stimulation et diversification de l'économie

“L’Afrique du Nord doit se doter de structures économiques offrant plus de perspectives d'emploi aux jeunes. Cela passe par des mesures qui encouragent la diversification des secteurs existants, ainsi que la création de davantage de valeur ajoutée sur le sol national, pour soutenir la création d'emplois de qualité à grande échelle”, explique le directeur du Centre de développement de l'OCDE, Mario Pezzini.

Dans cette optique, il faudra lever les obstacles à la croissance et à la création d'emplois en Afrique du Nord que sont la corruption et l'accès au financement. C’est à ce niveau que les politiques publiques peuvent jouer un rôle crucial dans la stimulation et la diversification de l'économie.

Le Maroc et l'Algérie ont fait mieux, mais...

Même si le communiqué de l’OCDE et de la BAD précise que le Maroc et l'Algérie ont “atteint un taux de création d'emplois supérieur à la croissance de leur population active”, le tableau n’est pas si rose.

Le mardi 3 juillet, au Conseil économique et social des Nations-Unies, le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Abdelouahed Souhail affirmait : “En tant qu'autorités publiques, nous avons l'obligation de redoubler d'efforts pour trouver du travail à nos jeunes. Au Maroc, le chômage est de longue durée et a un visage jeune et féminin.”

81% de jeunes chômeurs

Chiffres à l’appui, M. Souhail a fait observer que l'emploi des jeunes se caractérise par un faible taux d'activité (7,4%) et un taux de chômage qui a atteint en 2011, 17,9% chez les 15-24 ans et 12,9% chez les 25-34 ans, ce qui signifie que 81% des chômeurs sont des jeunes.
Pis encore, le chômage est de longue durée, puisque 65,8% des jeunes chômeurs le sont depuis plus d'une année.

Soulignant l’inadéquation des formations avec les besoins du marché du travail, le ministre a fait remarquer également que les jeunes privilégient le travail dans la fonction publique plutôt que le secteur privé, car le public, pour eux, est une garantie de stabilité et de meilleure protection sociale.

Mais, rappelons-le, le secteur public en Afrique du Nord est saturé comme le soulignent l’OCDE et la BAD, les emplois de demain sont dans le privé, et il revient à l’Etat de stimuler et de diversifier l’économie.

Kisito Ndour/agences


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