Revalorisation des pensions de retraite :Entre contraintes des équilibres financiers et attentes des retraités

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Loin de redonner le sourire aux retraités, le seuil minimal des pensions établi à 1.000 Dh, dans le cadre du régime collectif d'allocation de retraite, a déçu retraités et syndicats qui fixent leur seuil minimal à 3.000 dirhams. Un pas que ne compte pas encore franchir le gouvernement au risque de mettre à mal l'équilibre budgétaire.

Ba Saleh avait dédié le printemps de sa vie au service militaire. Aujourd'hui, et suite à sa mise à la retraite au crépuscule de son existence, il est incapable de subvenir aux besoins les plus élémentaires de sa famille. Alors qu'il espérait avoir droit à un repos mérité après des années d'épuisantes besognes, le voilà contraint de travailler en tant que gardien d'un immeuble pour arrondir ses fins de mois.

De larges tranches de retraité(e)s se trouvent dans la même situation que lui, touchant parfois des pensions ne dépassant pas les 100 dirhams/mois.

Sous le poids de l'augmentation du coût de la vie et face à la marginalisation, ces retraités sont obligés de chercher un travail malgré leur âge avancé et l'état de maladie et de fatigue qui les ronge.

Une hausse “insignifiante”

Au moment où ces retraités espéraient l'augmentation de leur pension avec l'avènement du nouveau gouvernement, la récente déclaration du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, leur annonçant un seuil minimal des pensions  à 1.000 Dh dans le cadre du régime collectif d'allocation de retraite, en a déçu plus d'un.

En effet, les différents acteurs syndicaux et associatifs représentant les retraités se sont accordés à dire que cette hausse est insignifiante et qu'elle ne couvre pas la totalité des caisses de retraite.

1 milliard

Samedi dernier, lors du conseil du gouvernement, le chef du gouvernement avait précisé que cette procédure coûterait à l'Etat un milliard de dirhams par an, et qu'elle profitera à une large tranche des anciens fonctionnaires dont les pensions ne dépassaient pas 200, 250 et 400 dirhams.

A cet égard, Ahmed El Mbarki, président de la fédération nationale des associations des retraités et des personnes âgées, a déclaré à l'agence Maghreb Arabe Presse que ces hausses doivent couvrir toutes les caisses de retraite et les tranches des retraités. La fédération réclame la réduction des prix de billets de transport au profit des retraités à 50%, la création de cartes spéciales assurant l'accès des retraités aux hôpitaux et autres établissements publics et la création de clubs exclusifs aux retraités pour leurs loisirs.

Pour sa part, le secrétaire général de l'organisation démocratique des retraités, affiliée à l'organisation démocratique du travail, Abdelhamid Hassoun, a qualifié cette décision d'injuste, du fait que “ces hausses ne peuvent assurer une vie décente aux retraités”. Il a, en outre, souligné l'importance d'élever le seuil minimal à 3.000 dirhams, attirant l'attention sur la situation des veuves des retraités qui n'ont droit qu'à la moitié de la pension que touchaient leurs défunts maris.

Selon M. Hassoun, la fédération nationale des associations des retraités et des personnes âgées insiste notamment sur l'importance d'exonérer les retraités de l'impôt sur le revenu prélevé sur leurs pensions.

L'organisation démocratique des retraités a assuré que la récente hausse n'est que la mise en œuvre de la décision d'élever le seuil minimal, prise par le gouvernement précédent suite à l'accord du 26 avril 2011 signé avec les syndicats, tandis que les retraités civils et militaires s'attendaient à ce que le gouvernement fasse preuve d'équité.

Menace sur les équilibres financiers

Le directeur des assurances et de la prévoyance sociale au ministère de l'économie et des finances, M. Hassan Boubrik, a expliqué que la décision ne concerne pas la hausse du seuil minimal des pensions, mais l'établissement du principe du seuil minimal des pensions dans le cadre du régime collectif d'allocation de retraite, assurant que ce régime ne comporte pas seulement le seuil minimal des pensions prévu par la caisse marocaine de retraite et la caisse nationale de la sécurité sociale, et qui atteint actuellement 1.000 dirhams.

Quant à la hausse du seuil minimal dans les autres caisses, M. Boubrik a affirmé que celles-ci ne peuvent augmenter le seuil minimal des pensions à des niveaux élevés puisque cela présenterait une menace à leurs équilibres financiers et à leur capacité d'assurer le versement des pensions, sachant que ces régimes souffrent d'ores et déjà de la fragilité de leurs équilibres sur le moyen terme.

aufait/MAP


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