Polémique
Le navire pour l'avortement interdit par les autorités
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Le navire néerlandais pour l'avortement qui devait débarquer au Maroc, hier après-midi, suite à l'invitation du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), afin de faire aux femmes le désirant des avortements médicamenteux, a été interdit par la marine marocaine. Sauf que, selon une députée néerlandaise, le bateau avait accosté depuis quelques jours.
Le navire pour l’avortement, en provenance de la Hollande, a officiellement débarqué, hier à 13 heures, au port de Marina Samir, à la périphérie de la ville de Tétouan.
Selon une dépêche de l'AFP, une députée néerlandaise a affirmé que le bateau est arrivé il y a quelques jours déjà, sans en informer personne. “Les responsables de l'organisation ont su que les autorités allaient les bloquer. C'était le seul moyen d'arriver jusqu'aux côtes marocaines”. Mais, les choses ne se sont pas passées comme prévu.
Selon Ibtissam Lachgar, co-fondatrice du MALI, contactée par nos soins, les autorités ont interdit l'accès du port au navire, aux membres du mouvement et aux nombreux journalistes qui étaient sur place.
“Pour le moment, personne de l’ONG néerlandaise n’a pu descendre du navire, et nous n’avons pas pu y accéder non plus. Mais, nous avons encore 6 jours pour changer cette situation. ”
Ibtissam Lachgar, co-fondatrice du MALI.
Une démarche controversée
L’information sur l'arrivée du navire de l'avortement a suscité la polémique. Au moment où le mouvement MALI se préparait à l'accueillir, afin de “briser le tabou social que représente le sujet de l’avortement et sauver des femmes qui risquent quotidiennement leurs vies en avortant dans des conditions insalubres”. Plusieurs associations, opposées à l’avortement et plaidant pour les droits de la femme et la protection du fœtus, ont exprimé leur désapprobation suite à cette démarche. Elles jugent que la venue de ce bateau est “une provocation pour la société marocaine, où l’avortement demeure un acte illégal”. Demandant fermement l’interdiction du navire, ces associations réprimandent, en premier lieu, l’État pour n'avoir pas eu une réaction ferme face à une telle démarche.
Peu au fait de la situation
Pour sa part, le ministère de la Santé a souligné n'avoir autorisé aucune personne ou médecin non résident au Maroc à effectuer de telles interventions médicales. Et d'ajouter qu’aucune information ne lui a été communiquée sur le débarquement du navire.
Le ministère a également demandé aux autorités concernées d’empêcher l’ONG néerlandaise de mener son action. De son côté, Ibtissam Lachgar, a affirmé que “ni son mouvement, ni Women on Waves, n’étaient en contact avec les autorités”.
La Tunisie, une exception dans le monde arabo- musulman
En 1973, l'avortement est légalisé en Tunisie. Cette pratique reste très réglementée, car soumise à un délai de 12 semaines maximum et à un encadrement médical autorisé, nous avait confié le professeur Hella Chelli, chef du service de gynécologie-obstétrique au centre de maternité et de néonatologie de Tunis. Cependant, toute femme, quel que soit son statut social, peut en bénéficier à titre gracieux dans les structures sanitaires. Loin d'être un acte anodin, l'IVG est précédée d'une séance de counselling, et d'une semaine de réflexion qui permet aux femmes de se décider. Contrairement à certaines idées reçues, la légalisation de l'avortement n'a pas conduit à sa banalisation, encore moins à l'abandon des moyens de contraception selon le Pr. Chelli. Cependant, des voix s’élèvent pour dénoncer les stratagèmes du gouvernement islamiste au pouvoir visant à restreindre l’avortement dans le pays.


