Lutte pour la légalisation de l'avortement
Un “navire pour l'avortement” néerlandais attendu cette semaine
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Dans la lutte pour la légalisation de l'avortement, il y a ceux qui optent pour le dialogue et ceux qui décident de passer à l'acte au risque de se mettre hors la loi. C'est le cas du collectif Mali qui a invité une ONG néerlandaise à “fournir aux femmes des avortements médicaux légaux”. Le point.
Un “navire pour l'avortement” néerlandais a mis le cap sur le Maroc, pour offrir des conditions sanitaires améliorées à cette pratique illégale mais très répandue dans le royaume, a-t-on appris lundi auprès des organisateurs.
L'ONG “Women on waves” qui répond à l'invitation de Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), a assuré “être en mesure de fournir aux femmes des avortements médicaux légaux en vertu du droit néerlandais, en naviguant dans les eaux internationales”.
800
“On estime à 600 le nombre d'avortements quotidiens pratiqués par des médecins, et quelque 200 les avortements non médicaux”, avait rappelé le professeur Chafik Chraibi à l'occasion du 2e congrès de l'Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin dont il est le président.
De son côté, le collectif Mali affirme n'avoir pas informé les autorités de cette initiative. “Ni cette ONG, ni nous-mêmes ne sommes en contact avec les autorités. Pour l'instant, le bateau est en route et nous verrons ce qui va se passer”, nous a déclaré Ibtissam Betty Lachgar, co-fondatrice du collectif au téléphone.
Mais quelle sera la réaction des autorités face à cette initiative? Une question qui ne semble pas préoccuper cette militante.
“On est en porte-à-faux avec la loi puisque la loi interdit d'informer et d'encourager l'avortement (...). Il n'est pas question que les femmes continuent d'être victimes d'une loi criminelle. Nous considérons les lois contre l'avortement injustes et nous ne pouvons que les dénoncer, peu importent les conséquences ”
Ibtissame Betty Lachgar, co-fondatrice du collectif Mali
Et Ibtissam Lachgar d'ajouter que “ce que nous voulons c'est ouvrir le débat et surtout pointer du doigt les dangers de l'avortement clandestin”.
Pour sa part, la fondatrice de l'ONG néerlandaise, Rebecca Gomperts a jugé cette réaction “difficile à prévoir”.
“J'imagine que cela peut être perçu comme une provocation par certains groupes religieux. Mais c'est de la santé des femmes dont il s'agit. Ça n'a rien à voir avec la religion”.
Rebecca Gomperts
“Women on waves” a mené ces dernières années des actions similaires au large de l'Irlande, de la Pologne, du Portugal et de l'Espagne, provoquant à chaque fois des protestations de groupes opposés à l'avortement.
Les organisateurs ont indiqué qu'ils comptent communiquer, mercredi, “le lieu et le jour d'arrivée” du bateau. “Nous espérons qu'il pourra rester jusqu'à une semaine”, a conclu Mme Gomperts.


