Prothèses PIP
Le ministère de la santé recommande leur retrait
Dernière mise à jour :
Après avoir démenti, fin décembre, la présence de prothèses PIP au Maroc, le ministère de la Santé fait volte-face et recommande désormais aux femmes concernées de demander le retrait de leurs prothèses mammaires de type PIP, par mesure de précaution.
Même en l'absence de signes cliniques suspects, les femmes porteuses de prothèses mammaires sont appelées à vérifier la marque de leurs implants auprès de leur médecin et demander leur retrait au cas où il s'agirait de la marque PIP. Cette recommandation du ministère de la Santé intervient à la suite de la réunion tenue le 26 janvier par le ministre de la santé Pr. Hossein El Ouardi avec le président du conseil national de l'ordre des médecins et du président et des membres du bureau de la société marocaine de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique.
Les femmes marocaines porteuses d'implants mammaires PIP pourront bénéficier d'un retrait de ces prothèses à titre gracieux auprès de médecins plasticiens, quel que soit le lieu d'implantation de la prothèse, au Maroc ou à l'étranger. Elles devront pour cela, s'adresser au centre national de pharmacovigilance qui les orientera vers un médecin plasticien.
Il n'y a pas à ce jour de lien de causalité confirmé entre le port de ce type de prothèse et l'augmentation du risque de cancer, relève le ministère de la Santé qui confirme cependant les risques de rupture des prothèses PIP.
“Le seul risque encouru à ce stade est celui d'inflammation ou d'irritation en cas de rupture de la prothèse. (Toutefois, ndlr) Nous ne pouvons en aucun cas nous projeter dans cinq ou dix ans, et guidés par le principe de précaution et de respect dû à nos patientes et nos concitoyennes, nous leur recommandons de retirer ces implants.”
Pr. Hossein El Ouardi, ministre de la santé
Les prothèses PIP peuvent faire l'objet de rupture et être à l'origine d'irritation et de réactions inflammatoires rendant difficile leur explantation.
“Une erreur a été commise”
Au cœur de la polémique sur les prothèses PIP, le ministère de la Santé alors dirigé par Yamina Badou, avait dans un premier temps démenti la présence de ces prothèses au Maroc. Aujourd'hui, le Pr. El Ouardi admet qu'une “erreur a été commise”, expliquant que “le texte rendu public avait, comme premier souci de ne pas dramatiser”.
“Après vérification minutieuse dans les archives du ministère de la santé, il s'est avéré que les implants PIP ont bel et bien été commercialisés au Maroc par une société qui a obtenu l'autorisation et l'enregistrement de ces prothèses par le ministère de la santé, le 28 avril 2005”, a affirmé le ministre, qui était l'invité vendredi des “matins Luxe” sur Luxe Radio.
“Si une complication inconnue à ce jour devait se développer dans les années à venir, le public, relayé par la presse, ne manquera pas de stigmatiser et de responsabiliser le gouvernement, et donc le ministère de la santé, qui aura rassuré à tort au moment de la crise.”
Pr. Hossein El Ouardi, ministre de la Santé
Réitérant son appel “en tant que ministre mais surtout en tant que médecin”, au retrait de ces prothèses, M. El Ouardi argumente que le gel industriel passera tôt ou tard dans les tissus par perspiration.
Pour rappel, le 11 janvier dernier, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (FNSPM) a appelé, dans un communiqué, le ministère de la santé à la publication des décrets et textes de loi relatifs à la réglementation des dispositifs médicaux, dont les implants stériles (mammaire, oculaire, cardiaque...).
Contact
Centre national de pharmacovigilance (tél: 08 01 00 01 80)



