Bilan du programme d'accompagnement à la participation sociale
“L'Etat n'a pas accompagné le projet”

Dernière mise à jour :


Initié il y a trois ans, le programme d'accompagnement à la participation sociale des personnes handicapées se termine sur une déception mais aussi, et surtout, avec la volonté de poursuivre ce projet destiné à les aider à réaliser leurs espérances de vie. Ce programme est mis en action par l'Amicale Marocaine des personnes Handicapées (AMH), porté par Handicap International et financé par l'UE. Le président de l'AMH a regretté le désengagement de l'Etat.

./DR
./DR
Agrandir

C'est en dressant un constat amer que Mohamed El Kadir, président de l'Amicale Marocaine des personnes Handicapées (AMH), a introduit le bilan du Programme d'Accompagnement à la Participation Sociale des personnes en situation de handicap. Les raisons de cette amertume, exprimée hier à Casablanca devant un parterre de membres de l'AMH, Mohamed El Kadir les résume en deux points essentiels: “Le projet se termine sans financement (...). J'ai le regret de vous dire que sur les trois années, l'Etat n'a pas accompagné le projet. Nous avons reçu des promesses écrites émanant des ministères de l'Emploi, de la Solidarité et de l'Education... sans aucun résultat. C'est l'Etat qui garantit les droits des citoyens, pas les associations”.

“L’aumône, c'est terminé!”

Le projet d'accompagnement à la participation sociale, initié en avril 2008, a pour principal but de faire changer la vision sur la personne en situation de handicap, ce qui a fait dire à Mohamed El Kadir que “l'approche aumône est terminée. Nous souhaitons changer de paradigme et faire évoluer la perception du handicap de la charité vers le reconnaissance des droits de la personne handicapée à l'accomplissement de ses espérances de vie, ce qui est actuellement très difficile au Maroc”.

Pour y parvenir, le projet s'est donné pour missions le conseil des personnes handicapées et la facilitation de leurs démarches, l'élaboration et le suivi de leurs projets de vie en participant aux politiques de développement local, la coordination entre les intervenants extérieurs...

Mais le tarissement des financements du programme d'accompagnement à la participation sociale des personnes en situation de handicap jusque-là assuré par l'UE et le désintérêt des structures gouvernementales ne semblent pas venir à bout de la volonté de l'AMH à poursuivre son action: “Vu l'importance du projet, nous n'allons pas abandonner. A l'AMH, nous recevons chaque jour entre 100 et 150 personnes qui sont à la recherche d'une réponse adéquate à leurs espérances dans la vie.”

“La projet de la nouvelle Constitution, un motif d'espoir”

L'actualité nationale dominée par le prochain référendum sur la nouvelle Constitution s'est invitée à ce bilan de fin de projet. Mohamed El Kadir y voit deux raisons d'espérer: “Après des années de lobbying, la nouvelle Constitution a inclu, dans deux articles et de manière expressive, les personnes en situation de handicap. L'alinéa 2 de l'article 34 stipule que l'Etat s'engage à mettre les moyens afin d'accompagner les personnes en situation de handicap. Nos droits sont maintenant constitutionnalisés.”

Après le désengagement de l'Etat et la constitutionnalisation des droits des personnes en situation de handicap, le chemin à parcourir reste long pour faire admettre que cette portion de la société a exactement les mêmes droits. D'autant que personne n'est à l'abri d'un handicap!

Samir Benmalek

L'équipe de aufait accueille vos commentaires avec enthousiasme, et s'engage à respecter votre liberté d'expression. Par contre, afin d'éviter les abus et les contenus offensants, seuls les commentaires validés par notre équipe rédactionnelle seront publiés. Vous êtes priés de respecter la netiquette.

Vous avez droit à votre opinion, respectez donc celle des autres ! Merci.



newsletter

chroniques




وجهة نظر، وجهات نظر أخر الأخبار العربية بالراي والتحليل