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1ères assises nationales de la Jeunesse
L'avis des jeunes
Optimisme, pessimisme, craintes, déception, volonté, reconnaissance... Les sentiments qui animent les jeunes Marocains sont divers et parfois contradictoires, mais compréhensibles, eux qui ont été longtemps "négligés". En marge des 1ères assises nationales de la Jeunesse organisées les 23 et 24 mai à Bouznika, certains ont bien voulu partager avec nous leur avis.
Asmae, 21 ans, entrepreneure (Meknès)
C’est une bonne initiative de la part du ministère de donner plus d’importance aux jeunes à travers une plateforme de communication assez directe réunissant les personnalités politiques les plus importantes. Dans ces assises, nous avons une diversité de jeunes. Le challenge, c’est de les amener à coordonner leurs revendications et leurs recommandations pour qu’on obtienne des résultats concrets. Au lieu de cela, nous avons assisté à un débat stérile parce que les jeunes n’ont pas été à l’écoute des membres du gouvernement. Hier, nous étions complètement négligés, aujourd’hui, nous retenons toute l’attention. Ne gâchons pas cette opportunité. Des conventions vont être signées entre les différents ministères pour améliorer nos conditions de vie, j’espère qu’elles ne seront pas que de l’encre sur du papier.
Hamza, 16 ans, élève (Tanger)
Ces premières assises, c’est une initiative louable mais je pense qu’aucune de nos revendications ne sera prise en compte dans la mesure où nous aurons un nouveau gouvernement d’ici quelques mois. Toutes ces promesses formulées par les ministres présents à Bouznika n’aboutiront pas, alors qu’au fond, nous ne demandons pas grand-chose. Nous réclamons la Liberté et de meilleures conditions de vie, notamment en ce qui concerne le logement des étudiants.
Marocains résidents à l'étranger
Nous sommes une vingtaine de jeunes Marocains résidents à l’étranger à avoir été invités à ces assises pour représenter la jeunesse marocaine expatriée. Malheureusement, on n’a pas pu débattre de notre situation, exposer nos propositions et notre vécu pour comparer la vie à l’étranger et la vie ici au Maroc. C’est dommage que le peuple demande à poser des questions mais refuse d’écouter. Cependant, nous restons optimistes pour le Maroc parce qu’il y a déjà eu beaucoup de progrès. Ce que demandent les jeunes est tout à fait légitime; il reste encore énormément à faire en termes d’éducation, de santé, d’accès à l’emploi, de lutte contre la précarité mais ces choses ne peuvent être améliorées ou changées du jour au lendemain, en claquant des doigts. Tout cela demande du temps et de l’argent alors nous devons être patients.
Jihad, assistante pédagogique (Marrakech)
Le problème majeur que nous rencontrons au niveau du Centre de sauvegarde des filles de Marrakech, c'est lorsque le juge d'instruction décide de les transférer alors que la plupart sont en situation difficile. En effet, lorsqu'elles atteignent la majorité, elles doivent quitter notre Centre mais sans famille et sans travail, elles n'ont nulle part où aller. Nous voulons donc que le gouvernement mette en place des centres d'accueil pour ces filles après leurs 18 ans, qu'il y ait les ressources humaines nécessaires pour les encadrer, qu'elles puissent recevoir une formation professionnelle leur garantissant des diplômes à même de leur ouvrir le marché de l'emploi. Et dernière chose, nous voulons aussi que le ministère de la Santé assure leur suivi médical.
Mohamed, 29 ans, membre de l'Association Education, Formation et Développement social (Casablanca)
Ces assises doivent être les prémisses d'un dialogue et d'une coopération fructueux entre le gouvernement et la jeunesse marocaine pour la création de comité ou de conseils locaux, régionaux, voire nationaux de la jeunesse. Nous voulons que dans chaque ville du Royaume, de Tanger à Lagouira, un Comité des jeunes soit mis en place. De même, nous revendiquons l'instauration du système de quota pour les jeunes au sein du gouvernement et du Parlement. Ces différentes mesures permettront de contribuer à améliorer les conditions de vie des jeunes, et à nous intégrer dans les programmes de développement socio-économiques du pays.



