Droits de la femme
Yes, she can!
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Un siècle après l'instauration de la journée de la femme, c'est le remue-ménage dans les associations marocaines de défense des droits de la femme. Elles se préparent, le poing levé, à dépoussiérer non pas des meubles, mais des projets de loi passés aux oubliettes depuis plusieurs années. Aux côtés des jeunes et des moins jeunes, elles prévoient elles aussi de crier haut et fort ce que d’autres disent à voix basse.
“Nos droits restent en danger”
“Nous sommes nous aussi dans la dynamique des mouvements actuels pour que les futures réformes tiennent également compte de l’égalité entre les hommes et les femmes. Même s’il y a eu des avancées, nos droits restent en danger, il reste encore beaucoup de choses à revoir”, souligne Fouzia Assouli, ex-présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF) et parlementaire USFP depuis 2007. Dans ce sens, un sit-in est prévu samedi 12 mars devant la wilaya de Casablanca.
Même combat pour l’union de l’action féminine qui, depuis 1996, commémore la journée de la femme par un tribunal fictif, un tribunal symbolique durant lequel des femmes victimes de violations de leurs droits confient leur vécu devant un public, et un jury notamment constitué d’avocats et de militants. Il se tiendra cette année le 26 mars à Marrakech, à la salle de conférence du club de la justice. “Marrakech, parce que beaucoup de femmes de cette région sont affectées par des problèmes d’ordre socio-économiques”, explique Latifa Jbabdi, membre de l’Union de l’action féminine (UAF). “Nous envoyons par la suite des recommandations aux décideurs pour leur mettre un coup de pression. Même si les résultats ne sont pas rapides, notre action vise d’abord à ouvrir le débat pour sensibiliser et changer les mentalités”, ajoute-t-elle.
Le code de la famille vs les mentalités
Malgré la récente réforme du code de la famille, des habitudes restent. Des jeunes filles sont encore mariées en deçà de l’âge légal (18 ans), parfois même à leur insu, la polygamie persiste et parfois même sans l’avis de la première épouse, des femmes divorcées attendent souvent longtemps pour percevoir une pension alimentaire, pour ne citer que ces exemples.
Si cette réforme est tout de même saluée, le sociologue Mustapha Aboumalek regrette la lenteur de son application: “C’est du côté du Maroc rural que les problèmes sont les plus marqués. La réforme du code de la famille reste une excellente initiative mais en tant que grand projet, il a du mal à évoluer normalement car il doit faire face à des résistances. Certains hommes ont du mal à accepter ce changement. Il faudra encore patienter pour que les mentalités évoluent.”
D’ici ce changement de mentalités, des militantes se disent prêtes à hausser le ton pour que la justice ne marginalise pas certaines femmes. “Le projet de loi sur la violence conjugale, déposé au parlement il y a déjà un an, ne concerne que les femmes mariées”, s’indigne Fouzia Assouli.
Et la journée mondiale de la femme fut...
On remonte cent ans en arrière. Le 8 mars 1910, à Copenhague. Une confédération internationale de femmes socialistes de plusieurs pays se réunit pour créer cette journée avec pour objectif de promouvoir le droit de vote des femmes. À cette époque, les manifestations de femmes réclamant également de meilleures conditions de travail se multiplient en Europe et aux Etats-Unis. Un an plus tard, un million de femmes descendent dans les rues en Europe pour manifester. Il faut attendre 1977 pour que les Nations Unies officialisent "La Journée Internationale des femmes" demandant à chaque pays de la célébrer.



