Deuxième enquête nationale démographique
Le développement humain en progression
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Habitat, natalité, mortalité, migrations... La deuxième enquête nationale démographique réalisée entre mai 2009 et août 2010 et dont les résultats ont été publiés lundi, montre un développement humain en pleine progression. Dorénavant, le défi consiste à développer de nouvelles politiques susceptibles de consolider ses résultats, voire de les améliorer.
Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a organisé ce lundi à Rabat, une journée d'étude consacrée à la présentation des résultats et à l’approche méthodologique de la deuxième Enquête nationale démographique réalisée entre mai 2009 et août 2010. En dix mois d'investigation, cette étude aura nécessité 3 passages successifs de la part des enquêteurs, auprès d’un échantillon des 105.000 ménages représentatifs de l’ensemble de la population marocaine.
Selon le Directeur de la division des statistiques aux Nations Unies, Paul Cheung, en visite au Maroc depuis la semaine dernière, “le coût de l’enquête est certainement élevé mais elle a permis de dégager des indications très intéressantes pour mieux comprendre la situation au Maroc en terme de démographie”.
Pour le Haut Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, les 3 passages ont permis de suivre les changements intervenus dans la vie des ménages concernés, durant l’année de l’enquête, en matière d’habitat, de nuptialité, de natalité, de mortalité, de grossesse et d’avortement ainsi que leurs migrations éventuelles à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc.
Mortalité infantile et maternelle: tendance à la baisse
Tout en demeurant relativement élevés, les taux de mortalité infantile et maternelle, qui nous ont toujours pénalisés dans les classements par pays, établis par les instances internationales en matière de développement humain, connaissent de fortes tendances baissières. Celui de la mortalité infantile (75,7 pour 1.000 en 1987) est passé à 30 pour 1.000 en 2010. Pour 100.000 naissances, le nombre de décès liés à la maternité, constatés entre 1994 et 2003 était de 227, il n’est plus actuellement que de 112.
La mortalité infanto-juvénile pour la tranche d’âge de 0 à 5 ans est aussi en forte régression (213, 104 et 36 pour 1.000 respectivement en 1962, 1987 et 2010). Le nombre moyen d’enfants mis au monde par une femme dans sa période procréative, n’est plus que de 2,19 enfants pour 7,2 en 1960.
La fécondité urbaine se maintient même en dessous du seuil de remplacement des générations.
Une espérance de vie en progression
A sa naissance, le Marocain moyen espérait vivre 47 ans en 1962. Un demi siècle plus loin, son espérance de vie est portée à 74,8 ans (77,3 en milieu urbain et 71,7 en milieu rural), soit un gain de 28 ans. D'après le HCP, le rythme d’évolution de l'espérance de vie, est fortement corrélé au niveau d'amélioration des conditions sanitaires et du niveau de vie.
Recul de l'âge au 1er mariage
En 50 ans, l’âge au premier mariage a énormément reculé. Quel que soit le sexe, il est plus élevé en milieu urbain qu'en milieu rural. L’âge au premier mariage des hommes est le plus élevé (supérieur à 33 ans) dans le Grand Casablanca et l’Oriental et le moins élevé à Marrakech-Tensift (29,7 ans). Celui des femmes est le plus élevé (supérieur à 27 ans) dans le Grand Casablanca, l’Oriental, Rabat-Salé et le plus bas (inférieur à 25 ans) dans les régions de Tadla-Azilal et Marrakech.
Moins de divorces
Si dans les années 1960, le tiers des mariages (31%) se terminait par un divorce, il n'est guère plus que de un sur dix maintenant (10,5%). La proportion des femmes dont le premier mariage a été rompu par divorce est quasiment identique en milieu rural (10,6%) qu’en milieu urbain (10,4%).
Forte mobilité géographique
Pendant la durée de l'enquête, la mobilité géographique de la population marocaine, qui a concerné plus d'un million de personnes (dont 51% de femmes), s'exprime d'abord par le phénomène de l'urbanisation (dont le taux est passé de 29% en 1960 à 57% en 2010). Les sorties hors des limites territoriales nationales ont porté sur 106.000 personnes. Concernant la migration inter-régionale, plus de 400.000 personnes ont changé de région de résidence. Sans surprise, les régions les plus attractives sont le Grand Casablanca et le Souss Massa Draa.
“Ces données collectées constituent une source incomparable de renseignements pour la mise au point de politiques de développement adéquates, notamment pour les responsables des mutuelles, des organismes de prévoyance sociale et des caisses de retraite. Le gros de la population se situe dans la tranche active, ce qui permet de parler de bonus démographique. L’un des défis de développement majeur consiste donc à renforcer cette tranche de la population et à l’aider à être plus active et plus productive.”
Paul Cheung, Directeur de la division des statistiques aux Nations Unies
En effet, la baisse du taux d’accroissement de la population et la nouvelle pyramide des âges constituent un atout important susceptible de permettre une meilleure redistribution des revenus, une amélioration des systèmes éducatifs et sanitaires et une réorientation des investissements vers les secteurs les plus productifs.



