Avortement
Vers une légalisation dans des “cas extrêmes”
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Une légalisation de l'avortement au Maroc dans des “cas extrêmes”, notamment le viol et l'inceste, n'est plus tabou et fait partie de réformes prévues par le gouvernement, a déclaré vendredi la ministre du Développement social et de la Famille Nouzha Skalli.
“Le recours à l'avortement légal dans des cas extrêmes, comme le viol, l'inceste ou les malformations profondes du foetus, n'est plus un tabou. Il fait partie d'un agenda gouvernemental”
Nouzha Skalli
C'est la première fois qu'un membre du gouvernement dit être favorable au recours à l'avortement légal “dans des cas extrêmes”.
Avortement: ce que dit le code pénal
Le code pénal marocain punit d'une peine d'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 200 à 500 DH, toute personne impliquée dans une tentative d'avortement ou l'ayant provoqué, avec ou sans le consentement de l'intéressée. Si mort s'en suit, la peine devient la réclusion de dix à vingt ans. Ces sanctions ne s'appliquent pas lorsqu'il s'agit de préserver la santé de la mère.
Selon la ministre, “ces cas extrêmes doivent être prévus par la loi en tenant compte des considérations éthiques et religieuses. Cela fera évoluer la législation parce qu'on ne peut pas continuer comme ça”.
500.000
C'est le nombre d'enfants nés entre 2003 et 2010 de mères célibataires. La législation actuelle ne permet même pas à une femme victime d'inceste d'avorter. Idem pour les cas de viol, a expliqué la ministre.
Pour rappel, entre 600 et 800 avortements médicalisés et 200 non médicalisés, sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon les ONG.
“Il y aurait plusieurs centaines d'avortements illégaux par jour au Maroc. Ce qu'il faut savoir, c'est que jamais une femme ne recourt à l'avortement uniquement par caprice”, signale Mme Skalli.
Lors d'un congrès tenu en mai 2010, l'association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin (AMLAC) avait plaidé pour que la possibilité soit donnée aux mineures, aux filles victimes d'incestes, de viols ou de pédophilie, de choisir en toute liberté, de garder ou ne pas garder leur bébé.



