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Sondage en Europe auprès de jeunes marocains ou d’origine marocaine
Des racines et des ailes

À la veille de la tenue du forum des jeunes Marocains du monde, les résultats d’un sondage ont été rendus publics hier à Casablanca. Cette enquête, si elle révèle leur attachement à leur pays d’origine et une volonté d’intégration dans le pays d’accueil, elle dévoile l’existence d’obstacles auxquels ils sont confrontés, en particulier l’accès au logement et au monde du travail.

Des jeunes défilent avec un drapeau marocain, le 27 mars 2003 à Strasbourg. /AFP
Des jeunes défilent avec un drapeau marocain, le 27 mars 2003 à Strasbourg. /AFP
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Driss El Yazami, Président du CCME. /DR
Driss El Yazami, Président du CCME. /DR
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À la demande du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME), et du ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger, l’institut français BVA (4ème institut d'études en France et 23ème au monde, selon son site Internet) a réalisé une enquête à travers l’Europe auprès de jeunes marocains ou d’origine marocaine (18-34 ans) résidant dans six pays européens d’immigration (France, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Espagne et Italie).

Ce sondage a concerné un échantillon de 2.610 personnes. Axé sur les différents aspects de la vie quotidienne en pays de résidence ainsi que sur le rapport avec le Maroc, le sondage est motivé par un besoin aujourd’hui d’affiner davantage les indicateurs pour guider l’action publique en direction de la communauté marocaine résidant à l’étranger. (Lire l’entretien avec le ministre).

Une double appartenance assumée

Menée essentiellement auprès d’une jeune population, cette enquête illustre une double appartenance clairement assumée, illustrée par une tendance majoritaire à la naturalisation (59% des répondants détiennent déjà la nationalité du pays de résidence) et un sentiment d’être chez soi (83% des natifs d’Europe se sentent “tout à fait” ou “plutôt” chez eux là où ils vivent).

Mais cette nouvelle identité ne semble pas affecter “un sentiment national marocain quasi-unanime”. C’est ainsi que 94% des jeunes sondés continuent de se sentir Marocains; 82% pensent qu’ils sont vus comme des Marocains dans le pays de résidence. Seuls 28% estiment qu’il faut faire oublier ses origines pour y être accepté.

Le logement et le travail, premiers obstacles

Même si 74% des jeunes ayant le droit de vote déclarent participer aux différentes consultations électorales, et que 80% disent faire confiance à la justice du pays d’accueil et 58% à la police, il reste que les jeunes marocains issus de l’immigration continuent à faire les frais de mentalités xénophobes à la peau dure.

En effet, les sondés estiment largement plus difficile de s’en sortir dans le pays de résidence lorsqu’on est d’origine marocaine, surtout concernant l'accès au marché du travail (75%) et au logement (60%).

Ainsi avoir la nationalité du pays d'accueil où l'on se sent chez soi, prendre part à la vie politique en donnant sa voix à l'un des candidats aux élections et, bien entendu, en apprendre la langue, n'est visiblement pas suffisant pour jouir des droits élémentaires du citoyen. C'est ce que montrent par ailleurs les chiffres concernant les discriminations dont pensent avoir été victimes les jeunes sondés et qui apparaissent en hausse par rapport à 2009.

Aujourd’hui 53% de ces jeunes déclarent s’être sentis victimes de discriminations, soit 4 points de plus qu’en 2009.

Samir Benmalek

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