Démocratie et État de droit en débat

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Multipartisme et bonne tenue des élections ne font pas une démocratie. C’est la pratique du pouvoir qui révèle si un régime politique en suit le chemin. Or, depuis la seconde moitié du vingtième siècle, l’Afrique a connu une histoire tumultueuse qui a amené la communauté internationale à intervenir. C'est ainsi que la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit dans les pays du Sud a été le sujet de partage d'une session plénière de vendredi aux MEDays.

Les tensions électorales sont un point commun dans l’histoire politique des intervenants. Dans le cas du Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvanguirai, la non-reconnaissance du résultat des urnes a amené à une médiation de la SADC qui aboutit à un compromis. Un accord de partage de pouvoirs temporaire entre les deux partis a permis la stabilisation politique du pays. Cette situation a obligé la mise en place de mécanismes permettant de gérer tant bien que mal la situation. Quant aux élections présidentielles de l’année prochaine, elles font planer le risque d’une guerre civile.

Au Kenya, les violences post-électorales de 2007-2008 divisant le pays ont fait près de 5.000 victimes et plus de 600.000 déplacés. En parlant de l’action menée par la Cour pénale internationale contre des dirigeants de l’époque Peter Nyong’o, ministre des Services médicaux, reconnaît qu’il est un devoir de coopérer car il est évident qu’à l’époque, il y avait eu de mauvais comportements qui avaient abouti à des crimes.

Règle de droit et démocratie inséparables

Toga McIntosh, ministre des Affaires étrangères du Libéria, a rappelé que la règle de droit et la démocratie doivent jouer de concert. La première n’étant qu’un moyen d’y parvenir. L’exemple libérien en est une triste illustration. Il a fallu un siècle pour asseoir un système institutionnel bénéficiant d’une règle de droit et de pouvoir répartis. Puis, la guerre civile de 14 ans qui suivi a détruit ce processus. L’aide de la communauté internationale a été essentielle dans la pacification du pays. Aujourd’hui encore, elle est cruciale car il ne suffit pas d’une ou deux élections réussies, notamment grâce à la présence d’observateurs internationaux, pour que le pays soit à l’abri d’une rechute. De plus, les gouvernants doivent relancer le long processus de réformes visant à consolider l’État de droit (justice, forces armées, éducation…), alors que les citoyens ont des attentes immédiates légitimes. Pour le gouvernement, le maintien de la présence internationale s’avère indispensable à la sérénité du pays.

Les élections nigériennes d’avril dernier, faisant suite au coup d’État de février 2010, ont également donné lieu à l’implication de la communauté internationale. Elle a permis d’empêcher les fraudes électorales et d’assister la bonne tenue des élections. De même, le pays à l’époque en proie à une grave sécheresse a bénéficié de l’aide alimentaire qui a contribué à limiter le risque de tensions politiques. Pour Marou Amadou, ministre de la Justice du Niger, cet appui dans le processus de transition démocratique a participé à sa réussite.

Conseil de sécurité de l'ONU

Le panel C3 de ce vendredi s’était intéressé à la question de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU : “La réforme du Conseil de sécurité : quel nouveau cadre efficace et inclusif ?” Demandée par les pays émergents, la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies ne devrait pas être une simple question géopolitique mais un objectif à long terme. Car la distribution actuelle des rapports de force héritée de l’après seconde guerre mondiale ne reflète plus le monde de 2011. Des mesures alternatives sont possibles comme l’augmentation du nombre de membres élus, la révision des droits de vote tout comme une amélioration de la transparence. Autres pistes évoquées, le passage du nombre de membres permanents à 25 et la révision du statut des membres permanents tous les dix ans.

Germain Le Toullec

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